Actualités >Communiqués-Archive de 2007 >Le double jeu américain Entre la visite de Cheyney et la conférence de Sharm el-Sheikh

Communiqué au sujet de la conférence de Sharm

el-Sheikh et de la visite de Cheyney dans la région

Le double jeu américain Entre la visite de Cheyney et la conférence de Sharm el-Sheikh

Fadlallah appelle les responsables arabes à se comporter d’égal à égal face à Cheyney comme l’a fait Muttaki face à Rice

Fadlallah : L’administration américaine a perdu son efficacité quant à la provocation d’une guerre mais elle n’a pas perdu son appétit pour la violence

Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a donné un communiqué où il a commenté les conclusions de la conférence de Sharm el-sheikh et de la visite de Cheyney dans la région. Voici le texte de ce communiqué :

L’observateur de l’activité politique dans la région remarque que la situation y est entrée dans une étape de compétition acharnée entre les indices de la solution, de l’accalmie et de la stabilité, et les indices des troubles, de la guerre et du spectre de la violence qui continue à dominer la situation sur tous les plans suite à la politique américaine qui a conduit à ce niveau d’instabilité productrice de la violence sanguinaire en Iraq et ailleurs.

Si l’administration du président Bush a perdu son efficacité quant à la provocation d’une nouvelle guerre dans la région après son échec retentissant en Iraq et les retombées de cet échec sur le plan intérieur américain, cette administration n’a pourtant pas perdu son appétit pour les guerres, pour la violence, pour la destruction et pour le meurtre, en dépit de tous les scandales qui ont entouré cette administration. La raison est qu’elle comprend toujours des responsables qui pensent à fuir en avant en menant des aventures rapides dans la région, comme c’est particulièrement le cas du vice-président américain, Dick Cheyney, que les rapports et les informations émanant des Etats-Unis eux-mêmes, ainsi que de personnalités ayant participé à la gestion des affaires par l’administration Bush, continuent de signaler le rôle joué par Cheyney, rôle qui a poussé Bush à déclarer la guerre contre l’Iraq sous des prétextes peu valables. Tout cela a été confirmé, dans son dernier livre, par le directeur des services de renseignement américains, George Tenet.

Dick Cheyney qui se déplace dans la région pour rencontrer la commission quadripartite arabe n’est pas un porteur de message de paix et d’amour. Il est plutôt porteur d’un message de guerre et il est un héraut de la discorde. Il est le diable de Bush qui l’incite toujours à la guerre dans la région. Il ne vient pas dans la région pour étudier avec les responsables arabes les moyens de dissiper la tension et de pousser la situation vers la paix. Il vient plutôt pour les provoquer contre l’Iran et les rapprocher d’Israël. Il pourrait même les charger d’une nouvelle tâche qu’est la protection d’Ulmert en lui tendant la main pour l’aider à éviter la chute. Cheyney aspire donc à assigner aux Arabes un rôle allant dans le sens de la protection d’Israël et de l’harmonie avec les plans américains dans la région.

Nous espérons voir les responsables arabes se comporter d’égal à égal face à Cheyney comme l’a fait le ministre iranien des affaires étrangère, M. Muttaki, face à la secrétaire d’Etat américaine, surtout parce qu’ils savent bien que les responsables américains ne viennent pas dans la région dans le but de résoudre ses problèmes, mais pour résoudre les problèmes des Etats-Unis et trouver des issues aux impasses d’Israël. Les conclusions de la conférence de Sharm el-sheikh ont montré que cette conférence n’a pas été tenue dans le but de résoudre le problème iraquien, mais pour résoudre le problème des Etats-Unis en Iraq. Le but de la conférence n’a pas été d’établir un état de stabilité intérieure en Iraq, mais la recherche de moyens susceptibles de préparer le terrain qui permettrait à l’occupant américain de jouir d’un niveau de stabilité lui permettant de rester, pour plus de temps, en Mésopotamie.

L’hypocrisie américaine est de plus en plus grande dans la région. Les Etats-Unis font miroiter une aptitude affichée au dialogue avec les Etats de la région qu’ils considèrent comme turbulents. En même temps, ils soufflent dans les oreilles d’autres Etats, dont des Etats arabes et islamiques, qu’ils allaient corriger les Etats réticents. Les responsables arabes doivent donc être vigilants face à ce double jeu américain, surtout que l’administration américaine a prouvé son aptitude à sacrifier tout responsable ou régime arabe du moment où elle constate qu’une telle entreprise va dans le sens de ses intérêts et de ceux d’Israël. Il est à espérer que la leçon de Saddam Hussein soit assimilée par tout le monde.

Son Eminence à conclue : Nous pensons que la vraie mise au point politique et sécuritaire dans la région doit commencer par la reconnaissance des Etats-Unis de leurs fautes et de leurs crimes. Ils doivent avoir le courage de reconnaître, à l’instar d’Israël, leur échec, car une telle reconnaissance de la part des Etats-Unis, doublée d’un vrai engagement à corriger leurs fautes pourrait constituer un premier pas vers la restauration des relations de nos peuples avec les Etats-Unis à travers la révision de leur politique extérieure en ce qui concerne la question palestinienne et les permanentes tentatives américaines visant à provoquer une guerre confessionnelle dans la totalité de la région. D’autre part, tout cela est susceptible de mettre fin à ce que l’administration américaine appelle terrorisme, car ce terrorisme n’a été que l’une de ses créatures ou l’un des produits de ses politiques injustes dans la région.

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Le Bureau d’Information de son Eminence,

l’Autorité religieuse,

l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah.

Beyrouth, le 19 rabî’II 1428 H /

07 avril 2007 AP. J. C.