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Biographie de Sayyid Fadlullah
Sa naissance:
Son Eminence, le grand savant, l'autorité religieuse, Sayyid Muhammad
Hussein Fadlullah est né à an-Najaf al-Achraf (en Iraq) le 19 shảbān
1354 H. Son père, l'Ayatollâh, Sayyid
Άbdur’a’ūf Fadlullah y vivait pour
étudier la théologie.
Son cursus scientifique:
Sayyid Fadlullah a grandi au sein de la Grande Enceinte Scientifique
(Hawza) à an-Najaf al-Ashraf. Déjà à l'âge de 9 ans, il a manifesté une
grande passion à l’acquisition des sciences théologiques. Formé d’abord
par son père, il devint, à l'âge de 16 ans, le disciple des grands
maîtres de la Hawza comme:
1 - L'autorité religieuse, Sayyid Abū
al-Qassem al-Khū’i.
2 - L'autorité religieuse, Sayyid Muhsin al-Hakīm.
3 - Sayyid Mahmūd ash-Chāhrūdi.
4 - Cheikh Hussein al-Hillī.
Au cours de cette période, Son Eminence s’est distingué des étudiants
par son assiduité dans l'acquisition des sciences.
A cet égard, on rapporte que Sayyid Muhammad
Bāqir as-Sadr, le martyre, a montré à as-Sayyid al-Khū’i
les notes des recherches du Sayyid Fadlullah et il en fut fort
impressionné.
De plus, Son Eminence s'est particulièrement intéressé à participer
aux débats privés et publics. Grâce à sa compétence, il est devenu un
instituteur de jurisprudence musulmane.
Beaucoup d'étudiants -Libanais, Iraquiens et Syriens - ont assisté à
ses cours à an-Najaf. Dans ses leçons, il s’est essentiellement référé à
deux livres: «al-Makasib» et «ar-Rasā’il»
du Cheikh «Murtadā al-Ansārī»;
il s'est servi également du livre: «Kifayat
al-Usūl» de Akhund Khurasānī
et du livre «Madarik al-Ahkām» de
Sayyid al-‘Amilī. Sayyid Fadlullah
s'est préoccupé de même des activités culturelles à an-Najaf.
Tous ses compagnons reconnaissent qu'il jouissait d'un certain
charisme et d'une acquisition scientifique particulière; et quand il est
retourné au Liban en 1966, les Iraquiens ont regretté son départ. A ce
titre, la remarque de Sayyid Bāqir as-Sadr
est fort significative: «Quiconque sort de Najaf perd, sauf
Sayyid Fadlullah, car avec son départ, c’est an-Najaf qui a perdu».
En 1966, lorsque Son Eminence est rentré au Liban -répondant à
l’appel d’un groupe de croyants qui ont créé «l'Association fraternelle
de la famille» - il n'a pas abondonné l'enseignement; au contraire, il a
établi une «Hawza» nommée «L’Institut Légitime Islamique».
Dès lors, il a commencé à donner des cours jurisprudentiels, des
centaines d'étudiants libanais et iraquiens assistaient à son cours,
jusqu’à ce jour même. De même, il a enseigné à la Hawza al-Murtadā à Damas. Il
s'est distingué par une expérience jurisprudentielle qui l'a rendu
rénovateur dans ce domaine; il a également suivi les traces de
précédents grands juristes, et a ouvert la voie à l’effort intellectuel
(Ijtihad) pour mieux comprendre le Livre de Dieu et la Sunna prophétique,
et ce grâce à sa compréhension approfondie du Saint Coran, qui jaillit
dans son livre: «Min wahi al-Qur’ān»
(Idées inspirées du Coran), reparti en plusieurs volumes, sans compter
sa connaissance étendue en langue et en littérature arabes.
Son Eminence suit une méthodologie bien déterminée dans ce domaine:
1 - Il adopte la vision coranique comme base pour tout jugement ou
déduction.
2 - Il essaye d'écarter les complications, émanant de la logique et
de la philosophie abstraite, de la jurisprudence.
3 - Il tente d'avoir une universalité jurisprudentielle.
4 - Il profite de sa connaissance linguistique pour mieux comprendre
les textes authentiques.
De plus, Sayyid Fadlullah jouit d'un courage académique, le poussant
à publier ses théories jurisprudentielles lorsqu'il en est convaincu. Il
pense que si le juriste a une vision claire, nul besoin de prendre des
précautions. C'est pourquoi, Sayyid a affirmé que tous les hommes
étaient purs, qu'il est licite de suivre (taqlīd)
le moins connaisseur et que l'astronomie peut être utilisée pour
déterminer le début des mois lunaires.
Sa préoccupation politique :
Son Eminence, l'autorité religieuse, Sayyid Muhammad Hussein
Fadlullah a affirmé que tout Musulman doit suivre les traces du Prophète
(P) et des Imams (p), qui se sont efforcés de répondre aux besoins des
gens, dans leur vie politique, culturelle, jihadique et spirituelle.
Il a remarqué que le problème des savants religieux, de notre époque,
ne réside pas dans le contenu qu’ils veulent transmettre, mais plutôt
dans la méthode qu’il faut adopter pour exprimer une idée, et aussi dans
le vocabulaire employé, s'écartant de la langue culturelle, alors que
l'Islam appelle à être ouvert, à établir des dialogues…
Le mouvement islamique doit être fondé -sur le plan politique - sur
une légitime base islamique qui le prémunit de toute illégitimité d'un
côté, et d'un autre côté, qui présente au monde les tenants et les
aboutissants de la politique islamique.
Comme l'Islam n'a pas déterminé les détails du jugement islamique,
Son Eminence a adopté, dans sa théorie jurisprudentielle, deux concepts
: la Loi islamique et la Justice. Ainsi, chaque système de jugement
islamique, est conforme à chaque situation et correspond à l'application
de ces deux concepts; ce qui assure, au système politique islamique, une
flexibilité et un réalisme d'un côté, et permet de résoudre plusieurs
problématiques contenues dans différentes formules de jugement d’un
autre côté, comme la question des élections qui, à son avis, sera
légitime lorsqu'elle est nécessaire à la protection du régime, malgré
son inexistence à la première époque islamique.
Réputé pour son intérêt tout particulier qu’il porte aux causes des
Musulmans et des démunis, dans le monde tout entier, Sayyid Fadlullah
est devenu une référence en soi pour les hommes, en cas de besoin.
Parfaitement au courant de tout ce qui se passe dans le monde politique,
il a été reconnu par plusieurs hommes politiques, journalistes et
savants.
Conformément à la vision de Sayyid Fadlullah, la politique islamique
doit comprendre les principes suivants :
a- Etablir un dialogue avec l'autre :
Son Eminence s'est référé au Coran pour établir un dialogue, et il
l'a défini comme le fondement de toute relation avec autrui. Le Coran a
reconnu l'autre, il a refusé l'Injustice et il a appelé à discuter de la
meilleure façon avec les gens.
Il a considéré que la méthode d’argumentation coranique est la
meilleure parmi toutes les nouvelles méthodes contemporaines : «C'est
nous ou bien vous qui sommes sur une bonne voie, ou dans un égarement
manifeste» [Coran XXXIV, 24].
b- Le concept de l'honneur et de la liberté :
Son Eminence indique que celui qui jouit de la foi, jouit
certainement de l'honneur, car le croyant n’a pas le droit à
l’humiliation.
c- Fanatisme et Engagement
Il a différencié ces deux concepts, soulignant que le croyant est
engagé à sa religion, mais il n'est pas un fanatique.
d- Fondamentalisme et Terrorisme
Sayyid Fadlullah a refusé de considérer le terrorisme et la violence
comme le seul moyen pour s'exprimer. Il a aussi différencié le fait de
combattre pour des causes injustes et le fait de lutter contre
l’occupation et le terrorisme.
e- La cause palestinienne
Son Eminence a considéré que la cause palestinienne est la cause
islamique majeure, et il l'a observée jurisprudentiellement. «Même si
les Juifs embrassent l'Islam, nous leur disons : sortez de la Palestine,
car personne n'a le droit de posséder le bien d'un Musulman, à moins que
ce dernier s'en désiste à bon escient», a-t-il dit.
Il s'est adressé à tous les arrogants, sans crainte, adoptant une
attitude courageuse; ce qui a poussé ses adversaires à tenter de
l’assassiner, à plusieurs reprises, pour l’empêcher de remplir ses
devoirs envers la Umma.
Diversité de son enseignement islamique :
Son Eminence critique le savant religieux traditionnel, qui s’enferme
chez lui, se bornant à répondre aux gens qui le visitent.
C'est pourquoi, il s’est efforcé de suivre les traces du Prophète (P)
et des Imams (p) qui ont traité de diverses questions dans les domaines
jurisprudentiels, moraux, politiques, culturels et sociaux, qui
dialoguaient avec les athées, et qui s’exprimaient avant même que
personne ne leur pose des questions, et ce, dans le but de présenter
l'Islam comme la base de la vie toute entière.
L'autorité religieuse :
L’extinction de la première génération d’éminents Ulémas, comme
Sayyid al-Khū’i, Sayyid al-Khomeini
et Sayyid Kulbaykāni, a fait un vide
énorme dans le monde islamique, ce qui a poussé beaucoup de gens à
demander au Sayyid Fadlullah d’émettre lui-même des avis juridiques (Fatwas),
alors qu'ils étaient habitués à recourir à lui pour leur interpréter les
Fatwas émises par d’autres autorités.
C'est donc à partir de l'intérêt islamique et du rôle que doit tenir
l'autorité religieuse, au sein de la société contemporaine, que Son
Eminence a exposé clairement son message pratique (ar-Rissala al-Amaliyyah),
et a publié son livre jadis intitulé «Les questions jurisprudentielles»
(en 1995), aujourd’hui connu sous le titre de «La jurisprudence de la
Loi divine» composé de trois volumes.
A travers son autorité, Sayyid Fadlullah s’est ouvert à tous les
Musulmans afin de répondre à toutes les questions légales, politiques,
intellectuelles et doctrinales… et ce en dépit des avertissements
émanant de divers côtés, le sommant de ne point se qualifier d’autorité
religieuse, pour ne pas perdre son public et le respect dans le milieu
religieux; et s’il persiste à dévoiler son message jurisprudentiel (ar-Rissala
al-Fiqhiyya), alors il s’exposera à une sévère campagne lancée contre
lui.
Son Eminence a pratiqué son autorité d'une manière distinguée; il
s'est écarté des traditions connues. Quotidiennement, il prie dans la
mosquée, il récite l'invocation, il prononce des discours, il rencontre
les gens autant que possible, il accueille les journalistes et il traite
les questions politiques, en tant que juriste et savant, suivant
toujours les traces des Gens de la Maison du Prophète (p).
Son Eminence affirme que l'autorité religieuse doit être responsable
devant la société, et que la société a le droit de la critiquer,
refusant la sanctification de toute autorité. C'est pourquoi, l'autorité
doit répondre à toutes les questions posées par la société, même aux
questions personnelles touchant à sa propre situation, et doit rendre
ainsi des comptes à la nation.
Il a également réalisé un projet qu'il a nommé : «L'institution de
l'autorité religieuse», publié dans le livre : «Les nouveaux indices de
l'autorité religieuse chiite»; ce projet est fondé sur trois bases
principales :
1 - L'autorité religieuse
Hormis la condition d’être le plus connaisseur, le savant religieux
doit jouir d'autres caractéristiques afin de devenir une autorité pour
les Chiites, car l'autorité religieuse est, de nos jours, sur le devant
de la scène politique mondiale.
Actuellement, tout le monde a recours à l'autorité religieuse dans
les questions politiques, sociales, etc…
De plus, le juriste ne peut pas vivre loin des causes et des
questions ayant lieu à son époque, car il doit produire des Fatwas
concernant toutes les nouvelles affaires pour affirmer que l’Islam guide
tous les Musulmans dans leur vie, dans cette période et dans chaque
période.
2-L'institution de l'autorité religieuse
Son Eminence, Sayyid Fadlullah définit le fonctionnement de
l'institution de l'autorité religieuse suivant deux points principaux :
Le premier : Éloigner l'autorité religieuse du caractère personnel.
Le second : Empêcher l'autorité d’être traditionnelle, et de ne pas
rester cloîtrée dans la Hawza, loin des affaires publiques.
3 - La Nation musulmane
L'autorité religieuse joue un rôle important dans la cohérence et
l'union de la Nation musulmane. Elle ne se fonde pas sur un point de vue
personnel, mais elle constitue un lieu de communication entre ceux qui
suivent l'autorité chiite et les Musulmans en général.
Mais pour qu’un projet tel que celui-ci puisse être réalisé, il faut
une opinion publique qui croit à lui, et qui soit prête à l’entretenir
financièrement et politiquement, surtout avec l'injuste guerre menée
contre toutes les conscientes autorités religieuses. |