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Introduction
La Wilâyah d’Ahlul-Bayt (a.s) en théorie et en
pratique
(La souveraineté librement consentie par le croyant
en faveur d’une autorité spirituelle ou temporelle)
Dans la ligne dogmatique islamique, la Wilâyah prend
le rôle de la base intellectuelle et motrice de cette autorité suprême
vers laquelle convergent tous les mots centres islamiques qu’on trouve
dans la réalité vécue en conformité avec le droit chemin (de l’islam).
Le terme de la Wilâyah présente un contenu très ouvert. Elle est à la
fois attachement à Allah en tant que Créateur, Pourvoyant, Préservateur
et Souverain, au Messager (SAW) en tant que chargé de la mission divine
et voulant l’accomplir tant au niveau des consciences qu’à celui de la
réalité vécue et aux Imams (a.s) en tant que dépositaires protecteurs de
cette mission contre toute déviation susceptible de l’entacher sur le
plan de la théorie ou de la pratique et en tant que promoteurs de sa
mise en valeur et en mouvement réel et multidirectionnel.
La fonction salvatrice de cette Wilâyah apparaît
quand l’homme ressent le besoin de dépasser l’égarement, les secousses,
l’angoisse, la perplexité et la déviation causées par son éloignement de
la pureté de la nature humaine et les souffles démoniaques de Satan qui
conduit ses victimes pas par pas à leur perdition.
Si l’homme n’a pas ce sentiment profond qu’il existe
une Force dominante, Bienveillante et capable de le protéger et de le
fortifier, il risquera fort de tomber. Par contre celui qui s’attache à
la Wilâyah d’Allah sent qu’Elle est toujours avec lui, même dans les
moments les plus difficiles et qu’Elle peut le sortir des ténèbres vers
la lumière, l’entretenir aux différents stades de sa vie et maintenir sa
guidance dans le droit chemin.
Quant à la Wilâyah prophétique, son rôle est de
définir clairement et sincèrement l’alpha et l’oméga de la ligne de
conduite du Musulman dont la foi en le Prophète consiste à croire qu’il
ne parle pas sous l’empire de la passion, que sa parole est une
Révélation authentique donc la vérité en tant que telle, que son action
détermine la ligne à suivre et la méthode à emprunter pour parvenir au
bonheur et au salut, que sa shari‘ah (lois et culte) répond tant aux
besoins de l’esprit et de la vie de l’homme qu’à ses aspirations à une
vie meilleure et que sa direction (celle du Prophète) était la plus sage
en matière de la mise en application minutieuse des concepts de la
Religion.
Les Imams (a.s) eux, sont les prosélytes dans la voie
d’Allah, des guides et des références exempts de l’erreur et de la
déviation, auprès desquelles l’homme peut être sûr de trouver la vérité,
le salut et le courage de poursuivre son évolution dans la voie
islamique authentique.
La valeur de la Wilâyah liée intimement à la Mission
prophétique et à l’Imamat réside dans le fait qu’elle accompagne l’homme
spirituellement et socialement en lui conférant la clarté dans la
vision, la rectitude dans l’opinion et dans l’action, la droiture et la
sollicitude dans son mouvement vers Allah -Gloire à Lui-. C’est pour
cela que l’attachement à la Wilâyah met à l’abri de la déviation,
conduit vers le droit chemin et assure cette sérénité qui rend légers
les fardeaux de la vie, qui pèsent souvent sur l’âme et sur le corps
humains. D’où ce besoin légitime d’avoir recours à cette autorité
sublime qui attache l’individu au Verbe et lui inspire l’assurance de la
vérité au milieu des méandres de l’ambiguïté. Comment faudrait-il alors
comprendre la nature de cet attachement salutaire à la Wilâyah
d’Ahlul-Bayt (a.s) ?
Il y a là un point crucial qu’il convient de
souligner nettement : il ne s’agit pas d’un attachement sentimental,
d’une opération d’amour qui fait vibrer le cœur, l’âme et la sensation
devant la personne bien-aimée dont on est épris indépendamment de sa
pensée, de son comportement et de son engagement spirituel. Beaucoup de
personnes à l’époque du Prophète et des Imams (a.s) aimaient ceux-ci
pour leurs qualités personnelles et considéraient leur Mission comme une
partie seulement de la valeur qu’ils avaient à leurs yeux. Le Messager
prenait ainsi en quelque sorte le pas sur le Message. Or, la vérité est
que c’est ce dernier qui éleva le Prophète, sa spiritualité et sa pensée
au degré le plus haut et ouvrit devant l’Imam les horizons de la
connaissance et de l’esprit saint qu’inspirait la Révélation divine.
Ainsi durant toute la vie du Prophète, la cause de
l’apostolat était tout pour lui. L’Imam aussi ne se mouvait après lui
que pour la mise en valeur des concepts islamiques, la clarification du
Message, l’enrichissement de la pensée humaine, la correction des
démarches entreprises dans le chemin de l’homme croyant et la
supervision de ses activités conformément aux directives du Message afin
de contrecarrer les courants idéologiques qui interprétaient la pensée
islamique et cherchaient à embrouiller l’image qu’avaient les Musulmans
de leur conscience culturelle et influencer leurs mouvements sociaux,
politiques, économiques et sécuritaires. Ainsi l’attachement à la
Wilâyah des Imams (a.s) vient après celui qu’on doit au Prophète (SAW).
Tant pour le Messager (SAW) que pour l’Imam (a.s),
leurs rôles respectifs étaient centrés sur le Message dont l’essence
primait leur propre existence.
Il est donc nécessaire que l’attachement au Prophète
et à l’Imam se réalise à travers l’attachement à l’Islam de telle
manière que cette relation d’amour et d’obéissance ne connaisse de
limites que celle que pose le Message lui-même. Ainsi aucun extrémisme
en cette matière n’est admis : Les personnes érigées en symboles de la
religion ne peuvent être hissées par des sentiments débridés au rang de
dieux ou de demi-dieux. Plusieurs versets coraniques insistent d’une
manière tranchante sur la nature humaine du Messager (SAW) et sur les
points de faiblesse qu’elle comporte et qui ne nuisent pas au caractère
irréprochable du statut du Prophète (SAW).
De même, le hadîth rapporté par l’Imam ‘Ali b. Al
Hussayn (a.s) dit : « accordez-nous l’amour
préconisé par l’Islam » ou « Aimez-nous islamiquement ».
Cela signifie que l’amour qu’on doit leur porter a
l’Islam comme point de départ et comme contenu de telle manière que
l’attachement à eux serait une manifestation de son appartenance à
l’Islam. Etant donné que ces personnes éminentes représentent l’esprit,
la valeur et la ligne droite de l’Islam, tout engagement auprès d’elles
équivaut sans distinction à un engagement pour l’Islam. A la lumière de
cette vérité, des questions ne manquent pas d’être posées : ‘‘A notre
époque comment peut-on vivre ces grands moments en essayant de revivre
la joie ou le malheur qu’ils inspirent ? Est-il suffisant pour
manifester notre attachement à ces ‘‘éminences spirituelles’’ de vanter
leurs qualités et leurs miracles et de s’absorber dans l’ambiance
sentimentale consacrée à leur mémoire ?
Dans notre conception de la Wilâyah vouée à
Ahlul-Bayt (a.s), il s’agit de s’engager pour l’Islam tout entier, foi
et loi, voie et mouvement, de porter son message au monde entier et
d’approfondir son appartenance à cette religion afin d’affronter les
courants adverses qui, dans les différents domaines de la vie (culturels,
sociaux et politiques) lui livrent un combat acharné et adoptent à
l’égard des Musulmans et de leur cause une position arrogante et rebelle.
Il s’agit de rapprocher les gens de la cause
d’Ahlul-Bayt (a.s) plutôt que de leurs personnes. Or, leur cause est
celle d’Allah -Gloire à Lui-. La valeur du Prophète (SAW) émane de ce
qu’il est Messager d’Allah ; celle d’Ahlul-Bayt (a.s) de ce qu’ils sont
alliés d’Allah. Se les rappeler ne doit aucunement faire oublier
l’invocation d’Allah ni l’évocation de l’Islam qui était leur mode de
vie sous ses aspects, intellectuels, spirituels et moraux.
Reste à souligner l’importance d’un autre point
vital, savoir la nécessité de se pencher sur le patrimoine islamique
légué par Ahlul-Bayt (a.s) afin de l’explorer, de le passer au crible et
de le débarrasser des éléments intrus qui lui avaient été collés par les
falsificateurs et les menteurs. Les Imams (a.s) eux-mêmes nous mirent en
garde contre les hadiths apocryphes qu’on aurait pu leur imputer. Pour y
parer, ils nous appelèrent à confronter ce genre de hadîths et le Livre
d’Allah (le Coran) en affirmant que tout hadith opposé à la parole
d’Allah ne pouvait être le leur mais tout simplement un clinquant sans
importance. Ceci est d’autant plus vrai que le Coran est le Livre divin
par excellence. ((L’erreur ne s’y glisse de nulle
part)) (Coran XLI, 42).
Les falsificateurs ne purent à travers toute
l’histoire y altérer un seul mot. Le Coran est un pour tous les
Musulmans indépendamment de leurs sectes ou de leurs écoles. C’est le
symbole de l’unité des Musulmans qui ont aussi le même Seigneur et le
même Messager, un dogme unificateur et une Shari‘ah générale.
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