LE DOUZIÈME IMÂM

L’Imâm Muhammad al-Mahdî (p)

Le Mahdî Promis, qui est habituellement désigné par ses titres de « Imâm al-'Asr » (l'Imâm «du temps») et Sâhib az-Zamân (Seigneur du temps), est le fils du onzième Imâm. Sa mère est la Dame Narjis. Son nom est le même que celui du Prophète (P).

Il est né à Samarrah en 256/868. Il est le dernier Imâm et la «preuve d'Allah » sur terre. Il est le dernier des successeurs du Prophète et le dernier des douze Imâms.

Après le martyre de son père il devint Imâm et sur Ordre divin entra en occultation (ghayba). Dès lors il n'apparut plus qu'à ses représentants (nâ'ib) et seulement dans des circonstances exceptionnelles.

Les représentants spéciaux de l'Imâm

L'Imâm choisit comme représentant spécial ‘Uthmân Ibn Sa'îd, un des compagnons de son père et de son grand-père qui était son intime et son ami de confiance. Par son représentant, l'Imâm (p) répondait aux questions et demandes des Chiites.

Apèrs ‘Uthmân Ibn Saïd, son fils Muhammad Ibn ‘Uthmân fut désigné comme représentant de l'Imâm. Après la mort de Muhammad Ibn ‘Uthmân, ce fut Abu al-Qâsim Hussein Ibn Rawh an-Nawbakhti qui assuma la tâche de représentant spécial; et après sa mort ce fut ‘Alî Ibn Muhammad as-Sâmûrî.

Quelques jours avant la mort de ‘Alî Ibn Muhammad as-Sâmûrî en 329/939 une information vint de la part de l'Imâm annonçant que dans six jours ‘Alî Ibn Muhammad mourrait. Il en résulterait que la représentation spéciale de l'Imâm (p) cesserait et que la grande occultation (al-ghayba al-Kubrâ) commencera et continuera jusqu'au jour où Dieu permettra à l'Imâm (p) de se manifester.

L'occultation du 12ème Imâm se divise donc en deux parties: la première, ou l'occultation mineure (al-ghayba as-Sughrâ) qui commença en 260/872 et finit en 329/939 durant environ soixante dix ans. La deuxième, ou l'occultation majeure, qui commença en 329/939 et qui continuera aussi longtemps que Dieu le voudra. Dans un hadith sur l'authenticité duquel tout le monde est d'accord, le Prophète (P) a dit: «S'il ne devait rester pour l'existence du monde qu’un seul jour, Dieu prolongerait ce jour jusqu'à ce qu'il envoie un homme de ma communauté et de ma famille; son non identique au mien; il remplira la terre d'Équité et de Justice comme elle a été remplie d'Oppression et de Tyrannie».

Sur l'avènement du Mahdî

Par suite de la loi du gouvernement général qui régit toutes créations, l'homme possède nécessairement le pouvoir de recevoir la révélation par la prophétie, laquelle le dirige vers la perfection et le bien-être du genre humain. Il est clair que si cette perfection et ce bonheur n'étaient pas possibles pour l'homme, dont la vie contient un aspect social, le fait d'être investi de ce pouvoir serait un non-sens et une futilité. Mais il n'y a pas de futilité dans la création.

En d'autres termes, depuis que l'homme est sur terre, il a eu le désir d'une vie sociale heureuse au plein sens du mot, et s'est évertué à l'obtenir. Si un tel désir n'avait pas de réalisation objective, il n'aurait jamais été imprimé dans la nature intime de l'homme, de même que s'il n'y avait pas eu d'eau il n'y aurait pas eu de soif, et sans l'existence de la reproduction il n'y aurait pas eu de désir sexuel.

Par conséquent, par nécessité interne et détermination, viendra un jour où la société humaine sera comblée de justice et où tous les Hommes vivront dans la paix et la tranquillité, où les êtres humains seront en pleine possession de la vertu et de la perfection. La réalisation d'une telle condition sera l'œuvre de l'homme, mais avec le secours divin. Et le chef d'une telle société, qui sera le sauveur des hommes, est nommé, dans le langage du hadith, le Mahdî.

Dans les différentes religions qui gouvernent le monde telles que l'Hindouisme, le Bouddhisme, le Judaïsme, le Christianisme, le Zoroastrisme et l'Islam, existent des références à un personnage qui viendra comme le sauveur de l'humanité. Ces religions ont habituellement annoncé la bonne nouvelle de son avènement, bien qu'il existe naturellement certaines différences dans les détails, quand on compare attentivement les enseignements. Le Hadith du Prophète (P), sur lequel tous les Musulmans tombent d'accord: «Le Mahdî est de ma progéniture…» se réfère à la même vérité.

Il y a de nombreux hadiths, rapportés dans les sources sunnites et chiites, du Prophète (P) et des Imâms (p), au sujet de l'avènement du Mahdî, spécifiant qu'il est de la descendance du Prophète (P) et que son apparition rendra la société humaine capable d'atteindre la vraie perfection et la pleine réalisation de la vie spirituelle.

De plus, il y a de nombreuses autres Traditions déclarant que le Mahdî est le fils du onzième Imâm, al-Hassan al-Askarî (p). Ils s'accordent pour dire qu'après sa naissance et après une longue occultation, le Mahdî apparaîtra, remplissant le monde de justice, après que celui-ci eut été corrompu par l'iniquité.

Par exemple, ‘Alî Ibn Mûssâ (le huitième Imâm (p)) a dit: «Après moi, l'Imâm sera mon fils Muhammad, après lui son fils ‘Alî, après ‘Alî son fils Hassan et après Hassan son fils ql-Hujjah al-Qâ'im, qui est attendu pendant son occultation et obéi pendant sa manifestation. S'il ne restait qu'un seul jour d'existence au monde, Dieu le prolongera jusqu'à ce qu'il se manifeste pour remplir le monde de justice, comme il avait été rempli d'iniquité . Mais quand? Pour ce qui est de l'«Heure» mon père m’a rapporté avoir entendu de son père qui l'avait entendu de son père qui le tenait de ses ancêtres qui l'avait entendu de la bouche de ‘Alî, qu'on avait demandé au Prophète: O! Prophète de Dieu, quand surgira le Qâ'im du sein de ta famille? Il répondit: Son cas est analogue à celui de l'«Heure» (de la Résurrection). Dieu seul en dévoilera le terme. ((Sa méconnaissance) pèse aux habitants des cieux et de la terre. Elle vous surprendra à l'improviste)) (Coran VII, 87).

Safr Ibn Abû Dulaf a dit: «J'ai entendu Abû Ja’far Muhammad Ibn ‘Alî al-Ridâ (le neuvième Imâm) dire: «  l'Imâm après moi est mon fils ‘Alî, ses ordres sont mes ordres, ses paroles sont les miennes, lui obéir c'est m'obéir. Après lui l'Imâm sera son fils Hassan. Ses ordres seront les ordres de son père, ses paroles seront les paroles de son père, lui obéir sera obéir à son père». Après ces paroles, l’Imâm resta silencieux, Je lui dis: «O! fils du Prophète, qui sera l'Imâm après Hassan?». L'Imâm s'écria: «En vérité son fils sera l'Imâm attendu qui est al-Qâ'im Bil-Haqq (celui qui est soutenu par la Vérité)».

Mûssâ Ibn Ja’far al-Baghdâdî a dit: «J'ai entendu l'Imâm Abû Muhammad al-Hassan IBn ‘Alî (le onzième Imâm) dire: Je prévois qu'après moi il y aura des divergences au sujet de mon successeur. Celui qui accepte les Imâms après le Prophète mais refuse mon fils est comme ceux qui acceptent tous les Prophètes mais refusent la prophétie de Muhammad (P). Qui refuse le Prophète de Dieu est comme celui qui refuse tous les prophètes car obéir au dernier d'entre nous est comme obéir au premier et refuser le dernier d'entre nous est comme refuser le premier. Mais prenez garde! En vérité pour mon fils il y aura une occultation pendant laquelle beaucoup seront en proie au doute hormis ceux que Dieu protége».

Les adversaires du chiisme font remarquer que selon les croyances de cette école, l'Imâm caché (p) devrait être âgé de douze siècles ce qui est impossible pour un être humain.

En réponse, il faut dire que cette remarque est fondée sur l'invraisemblance d'un tel événement et non sur son impossibilité.

Naturellement, une si longue durée de vie est invraisemblable. Mais ceux qui étudient les hadiths du Saint Prophète (P) et des Imâms (p) savent qu'ils se rapportent à un personnage doué de qualités miraculeuses. Les miracles ne sont certainement pas impossibles ni ne peuvent être niés par des arguments scientifiques. On ne pourra jamais prouver que les causes et les agents qui se manifestent dans notre monde sont uniquement ceux que nous pouvons voir et connaître.

Ainsi, il est possible que dans un ou plusieurs membres de l'humanité opèrent des causes et des agents qui leur permettent une très longue vie de plusieurs milliers d'années. La médecine n'a pas encore perdu l'espoir de découvrir un moyen pour atteindre à des limites de vie beaucoup plus reculées. De toute manière de telles critiques de la part des «gens du Livre» comme les Juifs, les Chrétiens ou les Musulmans sont beaucoup plus étranges puisqu'ils acceptent les miracles des prophètes, en accord avec leurs saintes Écritures.

Les adversaires du chiisme disent aussi que se ce dernier considère l'Imâm comme indispensable pour l'interprétation des ordres et des vérités de la religion et pour guider le peuple, son occultation représente la négation de ce but puisqu'on ne peut pas communiquer avec un Imâm en occultation: celui–ci ne peut par conséquent exercer aucune influence effective. Ils disent encore que si Dieu veut faire surgir un Imâm pour réformer l'humanité, il peut le susciter au moment voulu, sans qu'il soit nécessaire de le faire des milliers d'années auparavant.

La réponse est que ces gens n'ont pas vraiment saisi la signification de l'Imâm, dont la tâche n'est pas uniquement d'expliquer les sciences religieuses et de guider le peuple dans le monde d'ici-bas. De même qu'il a la tâche de guider les hommes dans l'autre monde, l'Imâm assume aussi la fonction de la wilâya et de la direction ésotérique des hommes. Il est celui qui dirige la vie spirituelle de l'homme et qui oriente vers Dieu les aspects intérieurs de l'action humaine. Il est clair que sa présence physique ou son absence n'a pas de conséquences sur ces choses.

L'Imâm veille sur les hommes de l'intérieur et se maintient en communion avec leur âme et leur esprit, même s'il reste caché à leurs yeux. Son existence est toujours nécessaire même si le temps de son avènement et de la réintégration universelle qu'il doit opérer n'est pas encore arrivé.