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Les Gens de la Maison (p)
L’Imâm al-Hassan (p), était-il pacifique ?
Avant de nous pencher sur la question de la paix conclue par l’Imâm
al-Hassan (p) avec Mu‘âwiya, il convient de signaler que les gens
peuvent penser que al-Hassan (p) était un homme pacifique dont la
personnalité ne connaissait pas le sens du défi. Certains peuvent même
aller plus loin en disant -malheur à eux pour ce qu’ils disent- qu’il
était faible de personnalité. Ceux-là ont parait-il étudié la question
de la paix conclue par lui et non pas la question des évènements qui ont
précédé la conclusion de cette paix.
J’appelle tous les chercheurs à faire connaissance de la personnalité
de l’Imâm al-Hassan (p), de la puissance dans tout son être et de la
fierté islamique qui animait toute sa raison.
En lisant les correspondances de l’Imâm al-Hassan (p) avec Mu‘âwiya,
et en les comparant aux correspondances de l’Imâm ‘Alî (p) avec ce même
Mu‘âwiya, nous ne trouvons aucune différence entre les paroles de l’Imâm
al-Hassan (p) et celles de l’Imâm ‘Alî (p) quant à la force et la
responsabilité, à la conscience et l’attachement au Message et à
l’esprit de défi et de fierté islamique. Si tu remplaces, dans ces
lettres, la signature de l’Imâm ‘Alî (p) par celle de l’Imâm al-Hassan
(p), tu constateras que ses paroles sont identiques à celles de l’imâm
‘Alî (p). Cela nous fait découvrir dans la personnalité de l’Imâm al-Hassan
(p) celle de la force par la vérité, celle du défi face à l’erreur et
celle qui sait comment utiliser la manière violente dans la discussion,
sans pour autant s’écarter de la ligne islamique car, ordinairement,
l’homme pris de violence oublie généralement le calme et la sérénité
dans sa conduite.
Tu constateras que l’Imâm al-Hassan (p) suivait la voie de la
violence dans ses attitudes tout en restant responsable dans ses
paroles. Tu ne constateras aucun état affectif révélant une éventuelle
faiblesse de l’Imâm al-Hassan (p). Il n’était pas pacifique dans le sens
de cet état psychologique qui caractérise les personnes pacifiques qui
n’aiment pas s’engager sur le terrain du conflit.
Nous savons que l’imâm al-Hassan (p) s’est engagé fortement sur le
terrain du conflit. Il a tout fait pour continuer, au service de la
cause du vrai, ce que son père, l’Imâm ‘Alî, avait commencé. Mais, le
problème représenté par l’abattement de l’armée de l’Imâm ‘Alî (p) vers
la fin de ses jours, a frappé beaucoup plus durement l’armée de l’Imâm
al-Hassan (p).
La nature de l’armée de l’Imâm al-Hassan (p)
Une partie de l’armée de l’Imâm al-Hassan (p) était constituée de ces
Kharijites qui l’ont suivi non parce qu’ils l’aimaient et épousaient sa
cause, mais parce qu’ils voulaient combattre Mu‘âwiya de n’importe quel
moyen et sous la direction de n’importe quel chef. Il y avait aussi une
partie qui a rejoint cette armée pour les butins, et une partie qui
était animée par le fanatisme de leurs tribus et de leurs chefs de
tribus, ces chefs qui n’étaient attirés que par l’argent et la notoriété,
et qui étaient prêts à corrompre l’armée de l’Imâm (p).
Cette armée comprenait aussi certains chefs et individus parmi les
proches parents de l’Imâm al-Hassan (p) qui, ayant reçu de l’argent
envoyé par Mu‘âwiya, ont fui abandonnant l’armée sans direction.
Nombreux sont ceux qui ont envoyé des lettres à Mu‘âwiya lui proposant
de lui livrer l’Imâm al-Hassan (p) mort ou vif. De son côté, Mu‘âwiya
leur envoyait des lettres et il était au courant de leur tentative de
l’assassiner.
Pour l’Imâm al-Hassan (p), les circonstances n’étaient pas semblables
à celles de l’Imâm al-Hussein (p). L’étape était différente tout autant
que la nature de l’armée et le climat général n’était pas favorable à
une action semblable à celle qu’entreprendra l’Imâm al-Hussein (p), car
l’opposition n’avait aucune chance de réussir. L’imâm al-Hassan (p)
voulait donner à l’opposition une chance de rester là pour ouvrir la
conscience de la Nation à la vérité et au droit. Pour cette raison, la
paix conclue par l’Imâm al-Hassan (p) avec Mu‘âwiya n’était pas une
reconnaissance de la légalité de Mu‘âwiya. Elle était plutôt un geste
entrepris par l’Imâm al-Hassan (p) après une étude réfléchie de toutes
les donnes de la situation, à travers les données de l’étape, de la
nature de son armée et des conséquences qui, si l’Imâm avait opté pour
la guerre, auraient nui à la cause au lieu de la servir.
Nous savons que lorsque tu veux mener une opération martyre ou
quelque chose du genre, il t’est indispensable de penser tout d’abord
aux conséquences positives de cette opération. Car si les conséquences
sont négatives, l’opération serait alors contraire au message et à la
cause.
C’est dans ce sens qu’on a dit que la révolution de al-Hussein (p)
était un écho de celle de la paix conclue par l’Imâm al-Hassan (p). Nous
nous opposons à ceux qui disent qu’il existe une voie hassanite qui
serait pacifique et une voie husseinite qui serait révolutionnaire. En
vérité, la voie hassanite est une voie husseinite empruntée au temps de
al-Hassan et la voie husseinite est une voie hassanite empruntée au
temps de al-Hussein. Les deux voies ont une seule source et leur point
de départ est le même.
Nous savons aussi que l’action de l’homme porteur du Message doit
prendre en considération les conditions objectives pour opter pour la
paix par-ci ou pour la guerre par-là, en fonction des conditions, car la
guerre a des conséquences positives ou négatives et la paix a des
conséquences positives ou négatives.
La paix dans la réalité islamique
Servir la cause nous permet d’avoir une prise de conscience dans
toutes les étapes de notre vie. Etudions donc la question telle qu’elle
se pose dans la seule réalité islamique et non pas dans la réalité non
islamique. Car lorsqu’il s’agit d’un différend ou d’un conflit sur la
scène islamique, l’intérêt islamique supérieur peut être d’opter pour la
paix, car la guerre peut faire écrouler le temple au-dessus de tous.
C’est ce que nous nous inspirons de la parole de
l’Imâm ‘Alî (p) où il dit : « Je me soumettrai tant que les affaires
des Musulmans seront respectées et tant que je serai le seul à être
traité injustement ». La paix et la soumission sont dictées par
l’intérêt supérieur des Musulmans, et non pas par l’état psychologique
de l’homme.
De ce fait, nous remarquons que, pour réformer la
réalité islamique, il est parfois indispensable pour l’homme d’avoir
recours à la violence et de se révolter quant la révolution s’impose
comme la seule solution qui préserve l’intérêt islamique supérieur.
Nous avons déjà dit que cette question s’est posée
sur la scène islamique lorsque certains ont exploité la paix conclue par
l’Imâm al-Hassan (p) pour justifier la paix avec Israël. Ceci est
semblable à l’exploitation -par certains religieux officiels qui
travaillent au service des pouvoirs et des sultans- de la paix de
Hudaybiyya pour légitimer la paix avec Israël. Mais on sait que la paix
de Hudaybiyya n’a pas été une concession faite par le Messager de Dieu
(P) qui voulait préserver l’état de paix entre les Musulmans et les
polythéistes pour se préparer à la grande conquête qu’était la conquête
de la Mecque.
Si le Messager de Dieu (p) avait opté pour la guerre
contre Quraysh à cette étape, il n’aurait pas pu conquérir la Mecque. Il
a donc conclu une paix intermédiaire où il a fait une concession
temporaire et sans importance que du point de vue en rapport avec le
moral des Musulmans, pour assurer une grande conquête qui a
définitivement mis fin au conflit avec la tribu de Quraysh dans la
mesure où cette conquête l’a privée de toute chance de se remettre sur
pied.
Pour ce qui est de la paix conclue par l’Imâm al-Hassan
(p), elle est une paix qui a eu lieu entre Musulmans et dans l’intérêt
des Musulmans qui étaient fatigués par des guerres qui, en raison des
diverses complications et difficultés, étaient devenues improductives
dans leur réalité. Il voulait aussi préparer le terrain à la révolution
de l’Imâm al-Hussein (p). S’il aurait opté pour la guerre à cette étape,
il se serait fait tuer avec al-Hussein (p) et tous leurs partisans et on
n’aurait plus entendu la voix de la vérité et du droit retentir dans le
monde.
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