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Préface aux méthodes de connaissance
de la législation.
Au nom de Dieu, Clément et Miséricordieux.
Il n’y a pas de mal à agir selon la lettre pratique
législative “Les qualifications islamiques” car ceci est satisfaisant et
permet au Musulman responsable * de se considérer comme ayant assumé sa
responsabilité, si Dieu le veut. Dieu est le seul qui donne
l’infaillibilité et la réussite. Il nous est suffisant et Il est
responsable de nous.
Le 10 Dhou al Qaada 1423 de l’hégire.
Muhammad Hussein Fadlallah.
Préface aux méthodes de connaissance de la
législation.
Le Musulman devient responsable du respect de la
législation et en est chargé dès qu’il atteint l’âge d’être responsable*.
Cet âge est pour le garçon d’avoir soit quinze ans
lunaires (quatorze ans et sept mois solaires) révolus, soit des poils
durs au pubis, au dessus des parties sexuelles ou encore une émission de
sperme suite à un rêve d’amour ou autre.
Pour la fille, par précaution obligatoire*, l’âge de
sa responsabilité* est de neuf ans lunaires (huit ans et neuf mois
solaires).
Il n’y a que trois moyens pour connaître les
qualifications législatives autres que les qualifaications nécessaires
connus, eux, par la certitude:
L’explication de ces trois moyens est la suivante:
Premièrement, l’Ijtihad*.
Q.1: L’Ijtihad, techniquement est de “faire l’effort de déduire
les qualifications législatives à partir de leurs sources reconnues”,
ceci après que le savant musulman voulant pratiquer l’Ijtihad ait les
connaissances nécessaires se rapportant à la législation et lui donnant
la capacité de faire cet Ijtihad.
Q.2: L’Ijtihad est un devoir Kifa’i*.
Q.3: Le Moujtahid* peut être absolu ou partiel, le premier est
celui qui est capable de déduire toutes les qualifications législatives
nécessaires au Musulman responsable*, le deuxième est celui qui n’est
pas capable de déduire une partie des qualifications, la qualité de la
déduction des qualifications n’accepte pas d’être partielle et le fait
que cette capacité de déduction soit absolue ou partielle dépend du
niveau et de l’ampleur de l’effort déployé et affecté par des
circonstances extérieures.
Q.4: On peut savoir si le savant a atteint le degré de l’Ijtihad*
ou s’il est le plus savant par différentes méthodes:
Première méthode: Connaissance directe du savant par l’expert
capable de le distinguer (comme étant Moujtahid*) même si cet expert
n’est pas lui-même Moujtahid*, de sorte que cet expert obtienne la
certitude ou l’assurance de l’Ijtihad* de ce savant.
Deuxième méthode: Célébrité et réputation de l’Ijtihad* du savant
parmi les gens ou dans les Hawza* de façon à donner la certitude ou
l’assurance de cet Ijtihad*.
Troisième méthode: Témoignage des experts, cela par le témoignage
de deux personnes ou par celui d’une seule personne qui soit juste ou
qui soit digne de confiance. L’expert doit avoir atteint un certain
niveau de connaissance des sciences, de la législation et des fondements
de la législation lui permettant de distinguer le Moujtahid* des autres.
Q.5: Lorsque les experts ont des avis différents, on prend alors
en compte la parole de celui qui est le plus expert. Lorsqu’ils sont de
même niveau ou lorsqu’on ne leur connait pas de différence de niveau de
leurs connaissances, on prend alors en compte la parole de la majorité
des témoignages en laissant celle de la minorité; par contre, si on a
égalité sur le nombre et le niveau des experts, alors leurs témoignages
“s’entre-annulent”.
Q.6: Le Moujtahid* a deux fonctions:
La première: Emettre des Fatwa*, celui qui a cette fonction est
nommé le Marjaa*.
La deuxième: Etre juge, dans le domaine de la jurisprudence ou -
et de la prise de responsabilité des affaires Hesbiya*, comme par
exemple, des biens islamiques (Al Awqaf*), des mineurs, ou - et encore
de la prise en charge des affaires publiques, si le Moujtahid* a le
pouvoir et s’il peut prendre ces responsabilités générales, dans ce cas
on le nomme “gouverneur législatif”* ou Waliy ol faqih* [savant
responsable].
Q.7: Le Marjaa* doit remplir plusieurs conditions:
La puberté.
La raison.
La masculinité.
La pureté de naissance.
L’appartenance à l’école islamique duodécimaine.
La justice, (on entend par cela être juste, dans la voix de
l’obéissance à Dieu, loué soit-Il, en respectant Ses ordres et en
évitant Ses interdits); cette qualité d’être juste est perdue
lorsqu’il commet un péché et est retrouvée par le repentir véridique.
Qu’il n’oublie pas ce qui est en rapport avec les opérations de
déduction des lois islamiques de sorte que cet oubli ne dépasse pas le
niveau des communs.
Que son Ijtihad* soit accompagné d’une longue pratique de
l’enseignement du Fiqh* et d’une étude continuelle de cette science
afin d’être apte à déduire les lois islamiques.
Ajoutons que certaines des cinq premières conditions sont basées sur
la précaution.
Q.8: Par précaution obligatoire, on ne se réfère pas, dans les
qualifications islamiques, à un savant mort au début du Taqlid*. Par
contre, le Musulman qui se réfère à un Moujtahid* vivant qui vient de
mourir, a le choix entre le garder comme référence ou changer et se
référer à un autre savant vivant pour la totalité ou une partie des
questions islamiques.
Q.9: Le fait d’être le plus savant n’est pas une condition pour
être un Marjaa* de Taqlid*; donc on peut se référer au savant qui n’est
pas le plus savant même en présence d’un autre, plus savant que lui,
bien qu’il vaille mieux se référer au plus savant, s’il existe.
Q.10: Le plus savant est celui qui est le plus apte à déduire les
qualifications, cela parce qu’il est le plus capable et le plus doué
pour comprendre le Coran et la Sounna et pour en déduire les
qualifications selon les méthodes connues de la science de la langue
arabe et plus précisément encore de la science de l’Oussoul* et pour
appliquer et comprendre l’esprit de l’Islam dans ses jugements et dans
ses sujets déduits.
Q.11: Le juge législatif doit avoir toutes les conditions du
Marjaa* donnant les Fatwa* pour être juge sauf celle d’être le plus
savant et il est certain que cette condition n’est pas, ici, prise en
considération. Par contre, l’Ijtihad* absolu (être Moujtahid* dans
toutes les questions islamiques) est une condition pour le Moujtahid*
s’occupant du pouvoir général mais elle ne l’est pas pour celui qui veut
s’occuper spécifiquement de la jurisprudence.
Le savant s’occupant du pouvoir général doit avoir en plus le courage
moral se traduisant par le fait d’oser (prendre des décisions) et d’être
constant dans ses décisions, il doit également connaître les affaires de
son époque afin d’aider à la pratique d’une politique sage et d’une
administration correcte.
Q.12: Si le Faqih* prend l’initiative du pouvoir général, il
obtient alors la responsabilité et le pouvoir de gérer les affaires
générales étant sous cette responsabilité; comme les affaires dont
dépend l’ordre général conditionnant l’équilibre de la vie des Musulmans
et des autres, afin de protéger leurs intérêts politiques, économiques
et sociaux, leur sécurité et d’autres sujets de ce genre pour établir un
ordre de vie en tant que société.
Q.13: Lorsque le Faqih* émet un ordre, il faut lui obéir et il
n’est pas licite de l’outrepasser et de lui désobéir dans les domaines
pour lesquels il est responsable et dans les limites de la région
dépendant de sa responsabilité; cette obéissance n’est pas limitée à ce
qui est en accord avec la croyance du Musulman responsable*, que cette
croyance soit chez ce Musulman par sa référence à un autre savant ou par
son Ijtihad*, car cette obéissance est obligatoire même pour ce qui est
en désaccord avec l’avis de ce Musulman ou avec celui du savant auquel
il se réfère, comme dans le cas où le Faqih* lui ordonne de payer le
Khoms* ou la Zakat* (impôts islamiques) dans un lieu précis ou d’une
façon particulière.
Q.14: Pour celui qui, par Ijtihad* ou par Taqlid*, considère
qu’il ne lui est pas obligatoire d’obéir au responsable Faqih* [al Waliy
ol Faqih], il n’est pas licite de montrer qu’il est en désaccord d’une
manière qui pourrait troubler l’ordre général.
Q.15: Rien n’empêche que plusieurs Faqih* s’occupant des affaires
générales le fassent dans plus d’un pays islamique, sauf si cette
multiplicité détruit complètement ou partiellement l’ordre général, car
dans ce cas il faut que tous se rangent sous l’autorité d’un seul
responsable afin d’éviter des dommages, de protéger l’unité et de
conserver la Oumma*.
Q.16: Il est obligatoire, pour le Waliy ol Faqih*, de se
concerter avec les experts et les spécialistes même pour les sujets dont
il est, lui-même, expert avant de donner le jugement Wouilayati* [qui
émane de sa responsabilité] et cela à travers un système particulier sur
lequel tout le monde s’accorde.
Q.17: Pour celui qui a la certitude que le Waliy ol Faqih* s’est
trompé, il n’est pas obligatoire d’obéir sauf pour les questions
concernant l’ordre général.
Q.18: Il n’est pas licite de plaider ou d’aller en jugement
auprès de celui que la législation ne considère pas apte à être juge, et
le bien obtenu suite à son jugement est illicite, même si ce bien lui
revenait de droit, sauf si obtenir ce bien ne pouvait être réalisé qu’en
allant chez ce juge car, dans ce cas, si son jugement concernait un bien
déterminé dans la réalité comme -une maison déterminée- alors il est
licite de le prendre sans revenir auprès du gouverneur législatif. Il
est obligatoire de revenir auprès du gouverneur législatif si le bien
était un bien en charge (comme une dette).
Deuxièmement: Le Taqlid*.
Q.19: Le Taqlid* se réalise en décidant de se référer au
Moujtahid* et d’agir selon son avis en cas de besoin, même si on n’agit
pas effectivement en fonction de son avis.
Q.20: Si le Musulman responsable agit sans Taqlid*, ses actions
sont non-valables sauf s’il respecte les deux conditions suivantes:
Première condition: Faire conformer ses actes avec l’avis de
celui auquel il devrait se référer actuellement.
Deuxième condition: Réaliser ses actes d’adoration conditionnés
par l’intention [de les faire] dans la volonté de se rapprocher de Dieu.
Q.21: Il est licite de changer de Moujtahid* comme référence, en
ce qui concerne le Taqlid*; mais lorsqu’on change pour un deuxième
Moujtahid*, il n’est pas licite de revenir au premier ou à un autre si
ce retour implique le non-respect de la qualification législative
certainement réel comme par exemple lorsqu’un Musulman se réfère à un
savant qui dit qu’il est obligatoire de faire la prière courte dans sa
deuxième partie puis il change et se réfère à un autre savant qui dit
qu’il est obligatoire de faire la prière entière dans sa deuxième partie,
alors il ne lui est pas licite de se référer de nouveau au premier
Moujtahid ou à un autre savant en accord avec le premier; car dans ce
cas le Musulman responsable sait de façon certaine que l’une des deux
prières qu’il a faites est non-valable.
Q.22: Si, avant d’atteindre l’âge de la puberté, un jeune se
réfère à un savant Marjaa*, c’est accepté et il lui suffit,
islamiquement de continuer après avoir atteint l’âge de la puberté tant
que ce savant a les conditions requises.
Q.23: Il est indispensable de se référer à un savant vivant pour
avoir la licité de continuer à se référer au savant mort, pour que le
premier détermine, pour le Musulman responsable, la limite ou la
possibilité de cette référence.
Q.24: Le Taqlid* est spécifique aux Fatwa* relatives aux
qualifications, donc le Musulman responsable a le droit d’être en
désaccord avec le Marjaa* auquel il se réfère au niveau des sujets.
Troisièmement: L’Ehtiyat*.
Q.25: Il n’y a pas de mal à ce que le Musulman responsable agisse
en fonction de l’Ihtiyat* si cela implique la répétition de l’action
comme lorsqu’on a les deux possibilités de faire la prière courte ou
entière, ou si cela ne l’implique pas comme lorsqu’on a deux
possibilités : l’une impliquant la licité et l’autre l’obligation ou
lorsque l’une est la licité et l’autre est l’illicité. Par contre, si on
a deux possibilités dont l’une est l’obligation et l’autre est
l’illicite, alors il n’est pas possible d’agir en fonction de la
précaution et il est donc indispensable de décider d’agir en fonction de
l’Ijtihad* ou du Taqlid*.
Q.26: Certaines expressions utilisées dans ce texte sont à
expliquer.
Voici donc l’explication de certaines d’entre-elles:
La précaution obligatoire: Dans ce cas, le Musulman responsable
doit ou respecter cette précaution ou se référer à un autre savant qui
en détermine la qualification.
Le mieux: C’est une expression utilisée au lieu de la précaution (précaution
conseillée) qui est une expression technique utilisée par les savants
et qui veut dire qu’il est conseillé d’agir selon elle, même si le
jugement n’est pas déterminé.
Il vaut mieux: On entend par cette expression qu’il est meilleur.
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