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Son Eminence l’Autorité religieuse (Al-Marja`)
as-Sayyid M. H. Fadlallah dans une prédication au sujet du jeûne du
mois béni de Ramadan : |
Nous nous devons de vaincre nos accoutumances, mauvaises et
illicites, à travers ce que nous apprenons dans notre jeûne en matière
de victoire contre l’habitude
Le jeûne : des leçons de vie
Vaincre l’habitude
Dans les atmosphères du mois béni de Ramadan, à l’occasion de ses
moments et de ses soirées et tout au long de la période du jeûne, nous
apprenons du jeûne des leçons de vie, des leçons pour notre existence
afin de préparer les résultats à venir.
La rébellion contre les accoutumances acquises au cours de notre
vie est la première leçon que le jeûne nous apprend. Chacun de nous a
ses propres habitudes, qui pourraient être licites ou illicites. Comme
on peut avoir des habitudes propres à son environnement personnel, et
d’autres liées à son milieu social. Nous devons profiter du jeûne afin
de nous libérer du carcan de l’habitude, pour que nous ne soyons plus
les esclaves de nos accoutumances, car il se pourrait que les
pressions de ces dernières paralysent nos capacités sur le plan
physique, social, ou légal.
A travers le jeûne tu surmontes tes habitudes et notamment celles
liées au boire et au manger quotidiens. Et quand arrive le mois béni
de Ramadan, il bouleverse tous tes usages et les change. Si tu as une
mauvaise habitude qui nuit à ta santé, à ta piété, à ta raison, à ton
existence ou à tes conditions sociales, puises dans la force que la
pratique du jeûne t’a apprise, à travers la lutte contre tes habitudes
quotidiennes, pour que cette force soit la base de ta victoire contre
tes autres accoutumances qu’elles soient licites ou illicites. Car
Dieu te veut libre, comme croyant, seule ta foi te domine, ni tes
habitudes, ni les gens autour de toi. Car Dieu veut toujours que
l’Homme croyant soit libre dans sa soumission au commandement d’Allah
et à Son interdit quant ceux-ci lui parviennent. Et si les gens
veulent de lui qu’il se déplace vers la gauche ou vers la droite, dans
ce qui n’est pas dans son intérêt ou dans ce qui déplaît à Dieu, qu’il
dise « Non » librement ou qu’il accepte librement. Car ceux qui vivent
l’assujettissement vis-à-vis de leurs accoutumances, en vivent la
signification dans leur personnalité. Ils sont ainsi aptes à être les
esclaves des tyrans, les esclaves des arrogants, les esclaves des
impies.
C’est pour cette raison que Dieu veut que tu sois libre afin de
pouvoir accepter de ton plein gré ou refuser selon ta propre volonté.
C’est pour cela que nous nous devons de vaincre nos accoutumances à
travers ce que nous apprenons de notre jeûne en matière de victoire
contre l’habitude.
Le jeûne est patience
La deuxième leçon que notre jeûne nous apprend est la patience.
Pendant la journée du jeûne, nous vivons tous la privation avec
patience. Nous vivons la privation de ce que nous aimons comme
nourritures et boissons, comme désirs et plaisirs. Et malgré les
pressions de notre âme, nous patientons, nous supportons la privation
de tout cela et nous imposons l’abstinence à notre âme, à notre
volonté et nous patientons face à cette souffrance. Nous souffrons car
ce dont nous avons envi est devant nous mais nous est interdit.. C’est
pour cela que nous patientons durant le mois de Ramadan. Et il faut
que nous apprenions la patience dans toute notre vie pour que le mois
de Ramadan soit l’école où nous entraînons notre âme à s’abstenir
devant certaines de ses envies, où nous apprenons à patienter devant
toutes les émotions qui nous contrarient, toutes les émotions dont
notre existence est la proie.
Il existe plusieurs sortes de patience : La patience devant
l’épreuve, si cette épreuve te vienne de toutes parts, que ce soit
dans ton engagement doctrinaire, ou ton engagement dans la voie de la
légalité, dans celle de la lutte ou dans ton engagement politique. Si
tu es soumis à l’épreuve, patientes et apprends du jeûne comment
dompter les penchants de ton ego dans tous cela, et dominer ses
ambitions. Apprends à être le patient dans les situations éprouvantes
comme tu es le patient devant la privation que le jeûne t’impose.
Apprends également à être patient dans ta soumission à Dieu car
celle-ci peut demander à l’Homme de gros efforts. Ta soumission à Dieu
pourrait te faire perdre beaucoup d’argent, dans ce que Dieu te
demande de dépenser ton argent et elle pourrait te pousser à renoncer
à un rang élevé, si celui-ci t’est interdit par Dieu et elle pourrait
te coûter de gros efforts, comme elle pourrait te coûter ta vie dans
certaines situations. Tu dois donc apprendre de ton endurance pendant
le jeûne, comment te soumettre avec patience à Dieu dans toutes les
situations, dans ta pratique religieuse comme dans ton comportement à
l’égard des gens et dans tous tes rapports avec eux, que ce soit de
près ou de loin. Puis tu dois apprendre l’abstinence devant la
désobéissance. Quand le péché vient interpeller tes instincts, tes
désirs, tes envies et de nombreux penchants de ton ego. Quand le péché
vient te soumettre à ses pressions et embraser ton être par ses
désirs, avec tout cela tu dois patienter pour ne pas désobéir à Dieu,
comme tu le faisais, toi qui fait le jeûne, lors des périodes du jeûne.
La patience est la deuxième leçon que le jeûne nous apprend, et
c’est pour cela qu’il faut que nous fassions de notre jeûne un jeûne
conscient où nous évoluons d’une position à une autre et d’une étape à
une autre.
Le jeûne anime la conscience légale
Pour ce qui est de la troisième leçon que nous apprenons du jeûne,
il s’agit de l’état spirituel qui fait que l’Homme vive la conscience
du respect de la légalité. La morale religieuse réside dans le fait
que tu aies une conscience du respect de la légalité, à laquelle tu
dois rendre compte. Certaines personnes évoquent la conscience loin
des domaines où celle-ci s’anime. Dieu veut que tu aies une morale
religieuse et une conscience du respect de Sa législation, de telle
sorte à ce que cette conscience te demande des comptes et te blâme si
tu te lances dans ce que Dieu a interdit.Ta conscience te diras alors,
oh serviteur de Dieu, tu as mal agis
envers ton Seigneur dans ce que tu as fais. Et si tu veux négliger un
devoir légal, ta conscience te le reprochera aussi et tu en subiras
les remords..
Que tu aies une conscience du respect de la légalité signifie que
tu jouisses d’une mentalité pieuse qui respecte la légalité, ouverte
envers Dieu, Le glorifié et Le très haut, pour qu’elle te surveille,
te demande des comptes et murmure dans toutes tes émotions : Oh
serviteur de Dieu, crains ton Seigneur ;
oh serviteur de Dieu, soumets-toi à
ton seigneur et ne Lui désobéis point ! La mentalité qui respecte la
légalité te dit cela continuellement et dans toutes les situations de
ton existence, car pendant ton jeûne tu vies cette atmosphère.
Evertuons-nous tous à développer cette morale religieuse dans notre
être, et cette conscience qui fait que nous sentions la surveillance
de Dieu sur nous et Sa présence continuelle dans notre vie : «Pas
de conversation secrète entre trois sans qu’Il ne soit leur quatrième,
ni entre cinq sans qu’Il ne soit leur sixième, ni moins ni plus que
cela sans qu’Il ne soit avec eux là où ils se trouvent» (Coran
LVIII, 7)
C’est ainsi que nous tirons parti du jeûne, en cultivant la
conscience religieuse, la conscience du respect de la légalité, la
morale religieuse, qui nous protège de nos désirs et protège les gens
du mal que nous voudrions leur faire.
Le jeûne et la conscience
Puis la quatrième leçon que nous apprenons de notre jeûne est la
conscience de la faim et de la soif que nous vivons. Que notre faim
soit une faim consciente et notre soif une soif consciente. Dieu a
voulu que tous les gens sentent la faim pour qu’ils aient conscience
de la souffrance des affamés, et comprennent ce qu’ils éprouvent quand
la faim les tenaille, pour qu’ils sachent ce que signifie avoir faim.
S’ils arrivent à sentir la signification de la faim, à la goûter, ils
pourront comprendre le problème de la faim de manière concrète et non
pas à partir du concept et loin du sensible. Et il en est de même pour
la question de la soif, et des autres domaines de privation, sous
toutes ses formes, que vivent certaines personnes dans leur vie.
Nous sommes dans le mois bénis de Ramadan, le mois où Dieu a abondé
sur nous tous de Sa spiritualité. Il en a fait Son mois et, avec Ses
générosités, Il nous y a accueillis comme Ses invités. Dans cette
atmosphère spirituelle, pourquoi ne faisons nous pas en sorte que
notre spiritualité déborde sur nos relations ? Pourquoi ne
reconsidérons-nous pas tout ce qui a été entrepris par les arrogants,
les égarés, les pervers et les trompeurs afin de remplir nos cœur de
haine et de rancoeur les uns envers les autres.. Dieu dit : «
Les croyants ne sont que des frères… » (Coran XLIX, 10)
et vous vous dites à certains d’entre vous qu’ils sont des ennemis..
Méditez en ce mois de Ramadan où Dieu a fait descendre le Coran, une
guidance pour les gens et des preuves évidentes de guidance et de
discernement. Venez étudier le Coran, ses leçons et ses preuves
évidentes. Le Coran est le printemps des cœurs, et le printemps du
mois de Ramadan est le Livre de Dieu et ce qu’il comporte comme
invitation vertueuse pour extraire les leçons et les exemples dont
Dieu, Le très haut, nous a pourvues pour qu’elles soient notre voie
vers le chemin de rectitude et notre voie vers la satisfaction et la
piété. Dans ces leçons grandioses se trouve le cheminement de la
droiture, l’arrivée à la vérité absolue et le viatique dont Dieu nous
a chargés : « Et prenez vos provisions, mais vraiment la
meilleure provision est la piété ….». (Coran II, 197)
Le Rôle du jeûne dans la
construction de la personnalité islamique |