|
Le Rôle du jeûne dans la construction de la
personnalité islamique
Son Eminence, le savant et Autorité religieuse (al-marja`) as-Sayid
M.H. Fadlallah |
Dieu - Gloire à Lui - a institué pour l’homme
deux sortes de jeûne : un jeûne mineur et un jeûne majeur. Le jeûne
mineur est un prélude au jeûne majeur, et la lutte mineure avec l’âme
durant le mois de Ramadan est un prélude à la grande lutte avec l’âme
et avec les autres en dehors de ce mois.
Sur les sens du jeûne durant le mois béni de Ramadan, nous
présentons quelques textes, choisis parmi les écrits de son Eminence,
montrant l’importance de ce noble mois et les enseignements que tout
Musulman doit en tirer. Et ceci dans le style simple et soutenu de son
Eminence. Un style qui pénètre le cœur pour s’y installer et
réconforte l’âme aux portes du mois des vertus et de l’abondance. Et
voici les textes :
Le mois de Ramadan dans le mouvement de la personnalité islamique
Les Musulmans ont pris l’habitude de célébrer, et de manière
particulière, l’avènement du mois de Ramadan, car c’est le mois du
jeûne dans ce que le jeûne signifie comme obligation cultuelle. Une
pratique qui nécessite un changement dans le régime alimentaire
quotidien du jeûneur, dans ses habitudes où il répond à ses désirs et
plaisirs, dans ce qu’il fait et dans ce qu’il s’abstient de faire,
comme dans les états d’âmes intérieurs qu’il peut vivre à travers
cette obligation. Et si les coutumes populaires évoluent dans la vie
des gens suite à un événement inopiné ou une situation donnée, le
devoir du jeûne tend à instituer de nouvelles traditions dans la
manière dont ils pratiquent la vie sociale publique ou privée. Et ceci
jusqu’à ce que ces traditions deviennent des aspects qui font le
caractère de ce mois à travers ce qui démarque les temporalités comme
aspects particuliers.
Nous ne voulons pas nous étendre, dans cette discussion, sur la
nature de ces traditions dans leur cadre négatif ou positif, dans ce
qu’elles ont pu enrichir l’expérience (du jeûne rituel) ou lui faire
perdre son sens. Car nous savons que, dans la vie des peuples et
l’évolution des événement, les traditions peuvent avoir leurs défauts
qui font perdre leur sens profond aux choses, et leurs qualités qui
perpétuent les symboles à travers les temps. Et nous n’allons pas
traiter tout cela ici car il ne concerne pas la finalité de notre
propos.
Ce que nous voulons soulever c’est la réponse à une question
précise : Comment est-il possible d’impliquer le rôle actif de ce mois
dans le mouvement de la personnalité islamique? Car nous voulons
saisir l’occasion de ce nouvel éveil islamique, qui reste superficiel,
pour en approfondir les émotions spirituelles et les idées réalistes,
afin qu’il ne se transforme pas en un phénomène passager dans le cours
de l’existence, et pour qu’il reste un élément stable parmi ceux qui
poussent l’avenir vers la croissance, le développement et le renouveau
continus.
Pour ce qui est de la réponse à la question, elle peut se définir à
travers le traitement de trois points :
Le premier point : Le rôle du jeûne dans le développement de la
personnalité islamique
Nous pouvons nous arrêter sur cette prescription religieuse (qui
est le jeûne) pour trouver qu’elle représente, dans sa dimension
physique si l’on peut dire, l’abstention de manger et de boire et
d’avoir d’autres plaisirs. Alors que dans sa signification
spirituelle, elle représente l’action que l’homme accomplie pieusement
pour se rapprocher de son Seigneur, à travers ce que signifie la
soumission dans l’action comme volonté de se rapprocher de Dieu et
L’adorer.
Et si nous unissons l’aspect matériel à l’aspect spirituel de cette
pratique rituelle, nous en aurons les résultats décisifs : un éveil
spirituel agissant sur la volonté, une volonté tenace et puissante
agissant sur l’esprit. Cela inspire à l’homme le sentiment d’une
perpétuelle surveillance sur ces actions, ses émotions intimes et sur
ses idées personnelles, et ceci grâce à la surveillance qu’il s’impose
quotidiennement pour se retenir devant les plaisirs qui lui sont
interdits pendant le jeûne. Car l’abstinence de goûter à ces plaisirs,
dans le but de se rapprocher de Dieu, approfondit dans l’être, et de
manière croissante, le sens de la proximité de Dieu comme élément
essentiel parmi les objectifs de l’homme dans l’existence. Et cela se
reflète positivement dans tous les autres aspects de sa personnalité,
dans la pensée et l’intellect, dans la sensibilité, comme dans
l’action.
Car dans tous ceci la règle de base est la même : l’homme ne peut
atteindre la proximité de Dieu que lorsque tout son être se transforme
en un mouvement constant et total sur cette voie et ceci dans tous les
domaines de l’action dans cette vie.
Et c’est ce que l’éducation islamique objective s’emploie à
réaliser dans la formation de l’homme musulman, quant elle oriente
tous ses intérêts vers Dieu, en considérant qu’Il est La finalité des
finalité. Ainsi, l’homme n’agit qu’à travers Lui, sur la base du
sentiment profond et intime de Sa crainte et de Son amour. Voilà le
sens de la dévotion à Dieu dans ce qu’elle signifie comme soumission
absolue à Lui dans toutes ses ambitions et ses aspirations. Et c’est
là le mystère de l’unicité islamique qui représente l’unicité de la
voie et du but à travers l’unicité du Créateur, comme nous l’inspire
ce noble verset : « Ceux qui disent : Notre seigneur est Allah,
et qui se tiennent dans le droit chemin, les anges descendent sur eux,
n’ayez pas peur et ne soyez pas affligés, mais ayez la bonne nouvelle
du paradis qui vous était promis » (Coran XLI, 30). Et ce
verset : « Dis : en vérité ma Salât, mes actes de dévotion, ma
vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur de l’univers. A lui nul
associé ! Et voilà ce qu’il ma été ordonné, et je suis le premier à me
soumettre. » (Coran VI, 162, 163).
Dans sa signification humaine, le jeûne peut animer le côté social
dans la personnalité du Musulman à travers certaines émotions intimes
qui lui font vivre ce que peut être le sentiment de la faim et de la
privation dans des conditions économiques difficiles. Et ceci afin
d’éveiller en lui le sentiment de responsabilité pour changer cette
réalité qui impose ce genre de problèmes et de douleurs. Il agira dans
ce sens afin d’affronter la réalité de manière pragmatique, tantôt
avec l’effort individuel, tantôt avec l’effort collectif ou encore à
travers l’action politique orientée vers l’amélioration.
Et dans ses ambiances spirituelles, le jeûne peut également attirer
les sentiments de l’homme vers des horizons plus étendus. Il évoluera
ainsi de la sensation de faim et de privation, à ce qui l’attend, le
Jour de la Résurrection, comme faim et comme soif, quand durera son
arrêt devant Dieu en raison de (ses) actes égarés qui nécessitent de
longs et minutieux examens. Il s’avise donc de bien agir ici-bas afin
d’abréger cette longue station. Ainsi, il se rétracte sur certains
pas, corrige certaines erreurs et redéfini les buts et objectifs qu’il
cible. Et c’est le sujet que le prophète (P) a traité au début du
sermon qu’il a donné pour accueillir le mois béni de Ramadan :
« Et rappelez-vous, par votre faim et soif,
la faim du Jour de la Résurrection et sa soif». Ainsi, nous
trouvons dans le jeûne l’occasion pour vivre amplement ce que Dieu
veut que l’homme vive comme bien, comme piété et comme intégrité.
Le deuxième point : le rôle de la lecture du coran
Puisque les textes religieux affirment la recommandation de la
lecture du Coran durant le mois de Ramadan, l’homme peut profiter de
l’état spirituel qu’appelle cette lecture pour cultiver en lui
l’entrain, l’ouverture et le déploiement. Car l’influence que peut
avoir la lecture du Coran sur l’âme varie selon l’ambiance où cette
lecture est vécue. L’ambiance de la lecture du Coran pendant le mois
de Ramadan, durant ses journées et ses soirées, permet à l’homme de
transcender son présent vers une spiritualité élevée, où il s’imprègne
de la culture islamique représentée dans le Coran, à travers ce que
portent ses versets comme concepts, idées et comme législation propres
à l’Islam. C’est ainsi que se développe la personnalité islamique, qui
doit vivre sa pensée dans une atmosphère spirituelle calme, pour
qu’elle puisse s’élancer sur une base intellectuelle et spirituelle
profondément enracinée dans l’âme, dans la pensée et dans la
conscience.
Troisième point : le rôle de l’invocation durant le mois de Ramadan
L’invocation serait parmi les œuvres de piété les plus évidentes et
les plus manifestes durant le mois de Ramadan. A tel point que l’homme
sente une globalité dans ce qu’il doit invoquer. Très divers sont les
styles et les contenus des invocations qui abondent dans les
Traditions relatées. Elle transportent l’homme, dans une grande
promenade au sein de l’étendue divine, vers les horizons de son être
et au cœur des conditions de la vie qui l’entoure et ceci dans un
agréable style spirituel qui s’élève avec l’âme vers les cieux de
l’esprit, de la foi et de la créativité afin d’édifier l’homme
musulman nouveau.
Et il y a les invocations sociales et humanistes qui font que
l’homme sente, en plus de ses propres problèmes, les difficultés que
peuvent vivre les gens autour de lui. Et ceci dans une opération
d’inspiration spirituelle qui lui interdit de s’éloigner de ses
responsabilités dans cette vie, quand il se recueille et invoque Dieu.
Ainsi, il tente de s’approcher de tout cela, pour qu’il sache que
toute la vie, avec ses problèmes et ses solutions, est liée à Dieu à
travers la pérennité et l’étendue, comme elle Lui est liée à travers
la création. Ainsi s’éveille en lui le sentiment que la dévotion
n’isole pas l’homme de la vie, mais qu’elle le lie activement et
étroitement à celle-ci. Comme il y a les invocations qui développent
en lui la conscience politique, à travers ce qu’il y rencontre comme
problèmes généraux liés au pouvoir et aux gouvernants, les questions
de la justice et de l’iniquité, du vrai et du faux. Ainsi,
l’invocation de l’homme se transforme en prières, souhaits et demandes
qu’il présente à Dieu -Gloire à Lui-, pour que cela soit une voie
parmi celles qui développent la conscience que l’homme thésaurise dans
les ambiances de la dévotion.
Le rôle du jeûne dans l’ajustement de nos causes
Le jeûne : constitution de la piété
« Oh les croyants ! On vous a prescrit le jeûne… » (Coran
II, 183). Cette obligation que Dieu a ordonnée à tous Ses
serviteurs et dans tous Ses messages variait et se diversifiait, dans
ce qu’Il exigeait d’eux, entre les préceptes d’un prophète et un
autre. Le fait est que Dieu a voulu que les hommes jeûnent pour qu’ils
puissent acquérir la piété à travers leur abstinence. Pour que le
jeûne soit une obéissance à Dieu dans l’être de l’homme, puisqu’il est
soumission à Son commandement. Et pour que le jeune soit obéissance à
Dieu à travers ce qu’il construit comme esprit de piété dans l’esprit
de l’homme, mentalité de piété dans sa pensée et comme action de piété
dans sa vie, pour que l’homme soit, à travers le jeûne, le pieux qui
craint Dieu dans son âme. Ainsi, il la surveille dans les pensées
qu’il vit et, en son âme, il prend Dieu comme observateur attentif
dans ce qu’il entreprend comme actions et projets. Ainsi, et à travers
les pratiques de dévotion, le jeûne en premier, l’Islam veut bâtir
l’homme pieux, dévot, qui évolue dans la vie sans avoir besoin d’une
autorité lui imposant l’ordre, l’engagement et la droiture. Mais c’est
sa perception de l’autorité de Dieu sur lui et sur toute la vie qui
lui impose de faire son propre examen de conscience avant que les gens
ne lui demandent des comptes. Comme elle (cette perception) lui
impose de se juger lui-même avant d’être jugé par les gens. Et elle le
pousse à se surveiller lui-même et à se dominer pour être juste, pour
ne pas agresser et ne pas nuire, avant que les gens ne l’astreignent à
tous cela.
Le viatique du jeûne
La base c’est la piété. Dieu veut des gens, quant ils auront vécu
toute leur vie et agit pour leurs intérêts, qu’ils se présentent
devant Lui avec un viatique leur permettant de gagner Sa satisfaction
et de vivre dans Son paradis. « Et prenez
vos provisions ; mais vraiment la meilleure provisions est la piété
… » (Coran II, 197), « Ô
vous qui avez cru ! Craignez Allah. Que chaque âme voit bien ce
qu’elle a avancé pour demain. Et craignez Allah, car Allah est
parfaitement connaisseur de ce que vous faites» (Coran
LIX, 18).
La piété est vraiment le viatique du jeûne. Elle est le modèle que
Dieu a voulu pour l’homme de vivre durant son existence, pour que
l’Homme soit pieux dans ses rapports sociaux, politiques ou militaires
et dans tous les domaines de la vie. Car à toute chose sa piété. La
politique a sa piété, la guerre comme la paix ont les leurs et il en
est de même pour tous les domaines de la vie économique ou sociale.
Car la piété signifie que Dieu te trouve là où Il t’a ordonné d’être
et te perd dans ce qu’Il t’a interdit de faire. Tant qu’il y a une
législation, un commandement et une interdiction dans toute chose, la
piété se trouve là où se dresse le commandement divin et la piété est
là où se situe l’interdiction divine.
Ainsi, celui qui a jeûné et a pu acquérir la piété, aura réussi à
acquérir la quintessence du jeûne dans sa personnalité. Alors que
celui qui a jeûné sans avoir acquis la piété, sur son cas s’applique
la sainte Tradition rapportée du Prophète (P) « Nombreux
sont les jeûneurs qui ne gagnent de leur jeûne que la faim et la soif
et nombreux sont les prieurs nocturnes qui ne gagnent de leurs prières
que la veille ». C’est pour cette raison qu’il faut nous
surveiller durant notre jeûne, que nous nous connaissions nous-mêmes
chaque jour. Avons-nous réussi à nous rapprocher plus de Dieu, ou nous
sommes-nous éloignés de Lui davantage ? A quel point avons-nous réussi
à nous astreindre à ce que Dieu a permis et interdit ? Examinez votre
conscience quotidiennement afin de savoir si vous suivez bien la voie
de la piété ou si vous vous agitez dans le chemin opposer?
Surveilles-toi dans tes rapports avec ton âme. Arrives-tu à la dominer
pour qu’elle s’éloigne de l’interdit ou la laisses-tu (suivre ses
passions) ? Et surveilles-toi dans ta maison, pratiques-tu ton
autorité sur ta femme pour la maltraiter injustement ? Causes-tu du
tort à ton voisin et aux gens qui vivent avec toi dans ton
environnement public ou privé? Surveilles-toi quotidiennement pour que
tu voies si tu évolues dans une voie ascendante vers Dieu, ou si tu
empruntes un chemin descendant vers satan.
Les formes du jeûne
A travers le jeûne, Dieu veut vraiment réaliser pour nous toute
cette signification de la piété. Et on peut concevoir le jeûne selon
des formes précises. Il y a le jeûne physique, qui consiste à
s’abstenir de manger, de boire et de goûter au plaisir sexuel, et
autres désirs liés à ces besoins fondamentaux. Si tu accomplis ce
jeûne physique, tu auras obéis au commandement divin de jeûner, et tu
te seras ainsi acquitté de cette obligation. Seulement, il existe une
autre forme du jeûne. Celle qui consiste à s’interdire le mensonge, la
médisance, la calomnie et l’insulte, et s’abstenir de nuire aux gens,
de les traiter injustement ou d’attenter à leurs vies, leurs argents
ou leurs honneurs. Voici une autre forme du jeûne. Que tu accomplisses
un jeûne éthique qui t’impose de surveiller tes paroles comme tu te
contrôle quant tu veux manger ou boire. Et ainsi, tu te surveilles
dans ce que Dieu t’a interdit comme autres actes ou actions. Car Dieu
–Gloire à Lui- a institué pour l’homme deux sortes de jeûnes : un
jeûne mineur et un autre majeur.
Le jeûne mineur, c’est ton abstention, durant le mois de Ramadan,
des plaisirs que Dieu t’a interdits au cours de ce mois. Alors que le
jeûne majeur, c’est le jeûne de toute la vie, de t’abstenir devant
tout ce que Dieu t’a interdit de faire, dans tes actions et paroles et
dans tes positions et rapports à tous les niveaux. Et le jeûne mineur
est un prélude au jeûne majeur. Et la lutte mineure contre l’âme,
durant le mois de Ramadan, est un prélude à la grande lutte contre
l’âme et contre les autres en dehors de ce mois.
Le jeûne dans la réalité de la vie
C’est pour cette raison qu’il nous faut vivre notre jeûne à travers
ce que nous vivons et accomplissons quotidiennement. Il a été rapporté
que celui qui commet la médisance, le mensonge, et ce qui y ressemble
comme mauvaises actions, son jeûne n’est pas valable. Et cela signifie
qu’il perd le sens du jeûne et sa spiritualité, car il n’a pas profité
de cette obligation pour s’éloigner de tout cela. Et ainsi, nous
voulons que lorsque l’homme vit le jeûne dans son âme, qu’il
s’abstienne devant les mauvaises pensées, les intentions malsaines et
les mauvaises pulsions. Car le problème de chacun de nous réside dans
ses pensées, ses intentions, ses objectifs et ses pulsions. Car ce
sont nos idées qui construisent nos positions comme ce sont nos
intentions qui déterminent nos relations. Pour cette raison, si tu
veux être le jeûneur pieux (dévot) et ouvert à Dieu, saches que Dieu
veut te dire : la question n’est pas que seuls tes membres
s’abstiennent devant le mal, le crime et l’illicite, mais il faut que
tes pensées et tes intentions jeûnent aussi. Car il existe un jeûne de
la pensée. Quand il veut réfléchir, il arrive à l’homme de penser pour
le bien qui construit sa paix à l’existence et construit sa force à la
vie et construit leur puissance aux gens. Et la pensée peut aussi
avoir un chemin démoniaque, quand l’homme planifie pour le mal, quand
il veut nuire aux gens, quand il veut les agresser, leur causer du
tort, spolier leurs bien, braver leurs honneurs ou attenter à leurs
vies. Voilà une pensée démoniaque. Et ceux qui pensent de la sorte
doivent savoir que Dieu leur dit : Que votre pensée s’abstienne devant
toute pensée du mal, et que la pensée reste libre à travers toute la
substance offerte par le bien et à travers toute l’action du bien. Et
Dieu - Gloire à Lui - dit aussi : il existe une foi et une impiété à
vos pensées, et il existe une justice et une iniquité à vos pensées.
Ne soyez donc pas injustes, dans vos pensées, envers les gens quand
vous les jugez dans votre être à travers des questions imprécises et à
partir de sources peu sures. C’est pour cette raison qu’il faut que tu
sois le juste dans tes appréciations, dans ce que tu conçois comme
opinion sur telle ou telles personne ou sur tel ou tel groupe.
L’intention du jeûne
Il est vraiment nécessaire que ton intention soit pure envers Dieu
- Gloire à Lui -. Et que ton jeûne, tes prières et ton pèlerinage
soient des moyens pour te rapprocher de Lui. Dieu veut que tu
apprennes, à travers cet état d’esprit, à vivre ta vie et toutes tes
actions et relations dans le but de gagner la position du
rapprochement de Dieu -Gloire à Lui-. Il n’existe vraiment pas de
position plus élevée que celle-ci, ici-bas ni dans l’au-delà. Et tout
ceci est le fruit de l’intention de ton jeûne, de ta dévotion et de
ton rapprochement de Dieu - Gloire à Lui - qui dit :
« En vérité Allah ne modifie point l’état
d’un peuple tant que (les individus qui le composent) ne modifient pas
ce qui est en eux-mêmes… » (Coran XIII, 11) et
«C’est qu’en effet Allah ne modifie pas un
bienfait dont Il a gratifié un peuple avant que celui-ci change ce qui
est en lui-même…» (Coran VIII, 53). Le Prophète (P) a
dit : « Les
actes ne valent que par l'intention. A chaque homme il ne sera tenu
compte que de ses intentions », « Et
vraiment Dieu rassemblera les gens selon leurs intentions le jour de
la Résurrection ».
D’où, il est nécessaire que nous jeûnions un jeûne physique, et que
nous jeûnions un jeûne éthique, spirituel, intellectuel et émotionnel.
Dieu veut que nous nous abstenions d’aimer Ses ennemis et que nous
nous abstenions de haïre Ses amis. Dieu veut que nous n’aimions que
les bons, les croyants qui s’ouvrent à Dieu dans leur vie, et Il veut
que nous ne haïssions que Ses ennemis à cause des desseins pour
lesquels ils planifient et oeuvrent. Dieu veut que nous ne prenions
pour amis et alliés que les croyants et que nous ne prenions pour
ennemis et adversaires que les impies et arrogants. C’est cela le
jeûne des émotions comme c’est celui de la raison, du corps et de tout
ce qui y est lié.
C’est cela le jeûne que Dieu –Gloire à Lui- veut pour nous afin de
corriger et d’ajuster nos causes et notre parcours dans le combat de
la vie. Une vie qui doit être consacrée à la dévotion et l’obéissance
à Dieu, afin de gagner Sa satisfaction et de réaliser le dessein de
l’existence humaine. |