Actualités > Divers - Archive >Les crimes d’honneur : interdits et punis

Fadlallah prononce un avis juridique qui déclare illicites les crimes d’honneur

Les crimes d’honneur sont des crimes à part entière et ne jouissent d’aucune condition atténuante

Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a prononcé un avis juridique (fatwa) où il a déclaré illicites les crimes d’honneur. Voici le texte de cette fatwa :

Il existe un phénomène ignoble répandu dans plus d’un Etat dans le monde arabe et musulman, phénomène qui a pris, ces derniers temps, des dimensions graves, surtout en Palestine, en Jordanie, au Liban et dans beaucoup d’autres parmi nos pays. Il s’agit des crimes connus sous le nom de ‘crimes d’honneur’, dans lesquels certains hommes tuent leurs filles, leurs sœurs, leurs femmes ou leurs proches qu’on accuse d’avoir commis des actions contraires à la pudeur, à l’honneur et à la dignité.

En revanche, ceux-là ne sont jamais irrités lorsque les mâles parmi leurs proches commettent des actions de ce genre, ce qui revient à dire que la pudeur est l’apanage de la femme toute seule.

Cela ne relève pas en vérité des impératifs de la dignité et de l’honneur, mais plutôt de ceux de la mentalité masculine tribale qui continue d’être présente chez beaucoup d’hommes.

A partir de notre statut légal, nous considérons le crime d’honneur comme une action répréhensible, condamnable, illicite du point de vue légal et comme un crime à part entière qui ne jouit d’aucune condition atténuante. La raison est que ces crimes sont commis sans preuve et sans être fondés légalement. Ils sont, le plus souvent, commis à partir de simples suspicions. A cela s’ajoute le fait que l’homme, qu’il soit époux, père, frère ou cousin n’est pas autorisé à appliquer la loi et à punir la femme, car cela fait partie des prérogatives du pouvoir judiciaire juste.

Ceux qui commettent ce crime au mépris des exigences légales méritent d’être punis dans ce monde-ci. Ce crime est, par ailleurs, un crime majeur dont l’auteur mérite les supplices de l’Enfer.

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Le Bureau d’Information de son Eminence,

l’Autorité religieuse,

l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah.

Beyrouth, le 17-7-1428 H /

01-8-2008 ap. J. C.