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écrits sur Fadlallah - Archive de 2007 >
Réception par Fadlallah d’un
diplomate américain
Fadlallah reçoit sans le
déclarer un diplomate américain :
Une page de dialogue
islamo-américain au sujet des affaires de la région
Dans les conditions de l’escalade des événements au
Liban et dans la région, et dans le contexte des relations crispées
entre les Etats-Unis d’Amérique et certains pays musulmans, une « gentille »
rencontre de dialogue a eu lieu entre Son Eminence, l’Autorité
religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, et un diplomate
américain ayant vécu à cheval sur deux époques, ayant été membre éminent
du Congrès américain durant plus de vingt ans, ambassadeur dans la lutte
contre la faim, responsable d’un dossier humanitaire dont il a été
chargé par le président Bush et militant pour la paix entre les
Etats-Unis et le monde arabe.
La rencontre a tenté, parait-il, d’approcher, sous
l’angle de la pauvreté et de la faim, le problème qui empire dans la
région, et ce en plus du sujet que l’Autorité Fadlallah a mis en exergue
en affirmant que l’administration américaine ne porte pas seulement la
responsabilité des guerres et des discordes qui éclatent dans la région,
mais aussi celle de l’appauvrissement de la région. Au début de la
rencontre, as-Sayyid a souhaité la bienvenue au responsable américain et
a salué sa mission tout en signalant que cette mission rejoint, d’une
manière ou d’une autre, celle de l’ « Association des ‘mabarrât’
Islamiques pour les Œuvres Charitables » et son action pour aider les
démunis, les sinistrés, les malades et les orphelins.
Son Eminence a affirmé : « Nous pensons que c’est le
problème de la pauvreté qui conduit à l’effondrement de la situation
politique et sécuritaire. Plus nous luttons contre la pauvreté, plus
nous ouvrons des issus vers la paix. La lutte contre le terrorisme exige
son traitement à partir de l’étude des vrais problèmes qui frappent les
peuples déshérités et démunis tout particulièrement en Afrique. Le
terrorisme ne peut pas être éradiqué par la force mais plutôt par
l’action visant à comprendre ses causes et ses origines, car le
terrorisme est l’œuvre de petits groupes qui se mobilisent ici et là et
qui ne peuvent pas être combattus par les armées traditionnelles.
L’étude doit prendre en considération les conditions sociales qui se
reflètent sur la situation politique, mais aussi les problèmes
sécuritaires et politiques et leurs répercussions sociales. Il est à
noter à ce propos que l’occupation de l’Iraq a délivré les Iraquiens de
la tutelle de Saddam Hussein, mais elle a fait du pays un terrain
principal du terrorisme ».
L’hôte a jubilé en entendant as-Sayyid lui parler
avec enthousiasme des maladies qui frappent l’Afrique comme le sida en
premier lieu, de l’anarchie et de la pauvreté et de leurs conséquences
au niveau de la situation politique, signalant la situation en Palestine
et la responsabilité que portent les Etats-Unis pour ce qui est de
l’appauvrissement des Palestiniens en offrant une couverture au blocus
israélien. Fadlallah a affirmé à ce propos : « Il n’est possible de
mettre fin au chaos en Palestine et à la violence exercée contre les
Palestiniens qu’à travers un plan économique qui donnerait aux
Palestiniens l’assurance de pouvoir vivre avec dignité et en paix. Nous
nous interrogeons à cet égard au sujet du rôle que devraient jouer les
organisations des droits de l’homme et autres ».
S’adressant au diplomate américain, son Eminence a
ajouté : « La faute de votre administration est qu’elle a considéré la
question palestinienne comme une question sécuritaire alors qu’elle est
une question politique par excellence. Puis, le fait d’exiger la
reconnaissance d’Israël reste irréaliste, abstraction faite de la
légalité d’une telle exigence. La question qui doit être posée est celle
de savoir si Israël est prêt à reconnaître le peuple palestinien et si
les Etats-Unis jouent-ils le rôle qu’ils devraient jouer dans ce domaine ?
Le problème est que la politique américaine et même celle du Congrès
sont irréalistes et totalement partiaux pour le compte d’Israël. Elles
ne prennent pas non plus en considérations les conditions difficiles
subies par le peuple palestinien, alors que tout le monde sait que tant
qu’une solution juste et indépendante du problème palestinien n’est pas
trouvée, la région toute entière restera en état de tension politique et
sécuritaire et les Etats-Unis perdront la rue arabe et islamique même
s’ils gagneraient les régimes. Vous parlez toujours des démocraties et
nous vous demandons lequel de ces régimes est arrivé au pouvoir par des
moyens démocratiques ? ».
Son Eminence a évoqué avec le diplomate les
allégations américaines tant de fois répétées sous le titre « Pourquoi
nous haïssent-ils ?», et a dit à ce propos : « Les Arabes et les
Musulmans ne haïssent pas le peuple américain. Nous n’aimons pas votre
politique, et c’est pour cette raison que vous devriez agir selon un
nouveau calendrier pour que les choses n’empirent pas et la relation
entre nous et vous ne devienne encore plus compliquée ».
A été évoquée également la question du dialogue des
religions. A ce sujet, Fadlallah a affirmé : « Nous appelons à la
rencontre des religions, surtout le Christianisme, l’Islam et même le
Judaïsme. En tant que Musulmans, nous reconnaissons Jésus-Christ. Il est
un prophète de Dieu. Nous vénérons sa mère, la Vierge Marie et nous
respectons l’Evangile et le considérons comme sacré autant que le Coran.
Nous respectons aussi le prophète Moïse et considérons la Thora comme
sacrée. Nous appelons au dialogue des religions sur la base de leur
rencontre autour de ce qui est commun entre elles en matière de valeurs
spirituelles, morales et humaines, et sur la base de leur dialogue
autour des points de litiges dans le domaine théologique, doctrinale et
autre. Nous n’avons, sur le plan religieux, aucun problème avec les
Chrétiens et les Juifs. Notre problème est seulement avec Israël. Le
problème est un problème politique et ceux qui ont persécuté les Juifs
sont les Occidentaux, alors que, dans les pays musulmans, les Juifs
n’ont jamais été persécutés ».
Fadlallah a conclu en disant : « Nous appelons à la
paix mondiale sur la base des valeurs humaines communes entre tous les
peuples ».
Avant la fin de la rencontre, le diplomate américain
a demandé à son Eminence de lui permettre de réciter une invocation
qu’il a inspirée de son amour pour Jésus Christ, disant : « Seigneur !
Béni soit ce grand homme et béni soit son peuple. Aide-nous à coopérer
avec lui et à agir ensemble pour résoudre les problèmes qui nous
séparent ».
Au nom de Dieu, le Clément, le
Miséricordieux
Le Bureau d’Information de son
Eminence,
l’Autorité religieuse,
l’Ayatollah Muhammad Hussein
Fadlallah.
Beyrouth, le 30 safar 1428 H /
20 mars 2007 AP . J. C.
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