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Halte à la profanation des tombes et des sanctuaires

Fadlallah met en garde contre les fatwa qui appellent à la profanation des tombes et à son exploitation par les services de renseignement dans le but de provoquer des discordes entre les Musulmans.

Il a appelé l’Organisation de la Conférence Islamique et l’Union des Savants Musulmans à barrer la route aux répercussions de ces fatwa

Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah a affirmé que certaines fatwa au sujet desquelles divergent les avis jurisprudentiels devraient être discutées au moyen du dialogue entre les savants en vue de trancher à leur sujet par la voie de l’ijtihâd. Il a mis en garde contre l’exploitation de certaines de ces fatwa par les services de renseignement dans le but de provoquer des discordes entre les Musulmans.

Il a en outre signalé que la construction de sanctuaires sur les lieux qui renferment les tombeaux des prophètes et des saints n’est pas propre à une secte donnée, attirant l’attention sur l’existence de sanctuaires sunnites et d’autres chiites en Iraq et affirmant que ceux qui visitent ces sanctuaires le font pour saluer les prophètes et les saints, et que dans le cas où l’on relève certains agissements négatifs, ces agissements font l’objet de critiques de la part des savants conscients.

Son Eminence a mis en garde contre le caractère grave des fatwa qui autorisent la démolition des tombes des saints et des personnages pieux, et a appelé l’Organisation de la Conférence Islamique, l’Union des Savants Musulmans, les associations et autres organisations islamiques à barrer la route aux répercussions dangereuses de ces fatwa.

A ce propos, son Eminence a publié dernièrement un communiqué ou il a condamné les fatwa qui autorisent la démolition des tombes. Voici le texte de ce communiqué :

Des fatwa ont été prononcées dernièrement qui autorisent la démolition des tombeaux, y compris ceux des saints et des personnages pieux, est ce à partir d’une compréhension -fondée sur l’ijtihâd- de certains rapports émanant du Prophète (P).

Nous ne nions le droit de quiconque de comprendre le texte religieux à partir de l’ijtihâd fondé sur des bases scientifiques et objectives. Toutefois, nous attirons l’attention sur ce qui suit :

Premièrement : L’avis fondé sur l’ijtihâd qui donne lieu à ces fatwa fait toujours l’objet de discussions et de débats dans les milieux scientifiques musulmans, chiites comme sunnites, et ne représente pas un avis islamique général qui permetterait aux initiateurs de ces fatwa de les imposer aux autres Musulmans qui en ont un avis différent.

Deuxièmement : La construction de sanctuaires qui renferment les tombeaux de prophètes, de saints ou de savants se fait dans beaucoup de pays musulmans. Ainsi il existe en Iraq des sanctuaires revenant aux Imâms appartenant aux Gens de la Maison (p) aussi bien que les tombeaux de personnalités islamiques sunnites comme l’Imâm Abû Hanîfa et ‘Abdulqâdir al-Gîlânî. En Egypte, on trouve le sanctuaire de Sayyida Zaynab Fille de ‘Alî, celui qui renferme la tête de al-Hussein et celui de Sayyida Nafîssa. On construit également des sanctuaires dans d’autres pays musulmans pour des personnalités religieuses. Cela signifie que le fatwa qui ordonne la démolition de ces sanctuaires touchera l’ensemble du monde musulman et non pas un seul de ses pays. Elle peut même en arriver à profaner certains tombeaux respectés par la totalité des Musulmans, ce qui peut conduire à des secousses majeures dans le monde musulman que personne ne pourra arrêter.

Troisièmement : Le fait que beaucoup de Musulmans trouvent licite de construire des sanctuaires sur les lieux qui renferment des tombes de saints, prouvent qu’ils ne considèrent pas ce qu’ils font comme une expression de polythéisme, car ceux qui les visitent le font pour saluer les prophètes et les saints et non pas pour les adorer à l’exclusion de Dieu. Mais s’il existe des cas où l’on relève certains agissements négatifs, ces agissements font l’objet de critiques de la part des savants conscients.

Quatrièmement : Les fatwa au sujet desquelles divergent les avis jurisprudentiels devraient être discutées au moyen du dialogue entre les savants en vue de trancher à leur sujet par la voie de l’ijtihâd. Elle ne devraient pas être prononcées de cette manière d’autant plus que notre réalité a beaucoup de points faibles qui peuvent être exploités par les services de renseignement dans le but de provoquer des secousses et des discordes majeures entre les Musulmans. Nous l’avons vu avec l’attentat perpétré contre le sanctuaire des deux Imâms al-‘Askarî à Samurrâ’ qui a renforcé le climat de discorde que l’occupation tentait de provoquer dès le premier jour de son arrivée en Iraq.

Nous insistons sur cette question surtout dans ces conditions où les Musulmans font face à des défis majeurs et à beaucoup de tentatives de la part de l’arrogance mondiale, surtout américaine, visant à provoquer des discordes dans le but de détruire la totalité de la réalité islamique dans le cadre de ce qu’ils appellent le chaos constructif.

Cinquièmement : si nous attirons l’attention sur le caractère grave de cette question, c’est parce que nous y sommes motivés par le fait que nous tenons fermement à l’unité des Musulmans, à un moment où les arrogants affichent leurs plans visant à la destruction de l’Islam, ce qui exige un haut niveau de prudence pour ne pas créer un climat susceptible de provoquer la discorde entre les Musulmans, d’affaiblir leur capacité de résistance ou de disperser leurs rangs.

A ce propos, nous appelons les organisations et les associations islamiques, et en premier lieu l’Organisation de la Conférence Islamique et l’Union des Savant Musulmans, à se mettre à pied d’œuvre pour barrer la route à toute répercussion négative qui pourrait se produire dans la réalité suite à ce genre de fatwa. Nous appelons également les pouvoirs dans les pays où existent des sanctuaires du genre à renforcer les mesures de sécurité pour protéger ces cites afin de mettre en échec les tentatives de ceux qui cherchent à généraliser le chaos dans le monde musulman et à ceux qui provoquent des discordes dans lesquelles les Musulmans s’entretuent et détruisent leur réalité religieuse et sociale.

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Le Bureau d’Information de son Eminence,

l’Autorité religieuse,

l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah.

Beyrouth, le 8-sha’bân -1428 H /

21-8-2008 ap. J. C.