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Interviews - Archive de 2005
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Interview donnée par Fadlallah au Télé Liban
Craignant la politisation de
l’assassinat du Premier ministre Hariri sous la pression américaine,
Fadlallah met en garde contre la
tutelle américaine et toute autre tutelle qu Liban
Son Eminence, l’Autorité religieuse Muhammad Hussein
Fadlallah a émis ses craintes de la politisation possible, sous la
pression américaine, de la commission d’enquête internationale chargée
d’enquêter au sujet de l’assassinat du Premier ministre Hariri.
Fadlallah a affirmé ne pas vouloir donner de jugements sur la
commission, mais il a signalé que, le plus souvent, la justice
internationale ne se montre pas fidèle à son statut judiciaire.
Nous n’avons pas confiance dans les pays donateurs,
a-t-il dit avant d’ajouter que le but de ses pays est de maintenir le
Liban sous la tutelle américaine ou autre.
Son Eminence a donné ces déclarations lors d’une
interview télévisée au début de laquelle il a répondu à une question sur
la situation en Iraq et ses répercussions sur la région.
Il a affirmé que le phénomène consistant à accuser
les Musulmans, et les Chiites en particulier, de mécréance et à trouver
légal le fait de les exterminer a des effets négatifs sur l’ensemble du
monde musulman, effets qui atteignent le Liban d’une manière ou d’une
autre, car cette mentalité agressive selon laquelle des Musulmans
trouvent légal de faire couler le sang d’autre Musulmans peut donner aux
autres, et surtout aux puissances arrogantes, l’opportunité d’en
profiter pour semer le désordre ici et là.
Son Eminence a ajouté : Nous avons mis le monde
musulman en garde contre cette mentalité qui risque de se propager et
d’atteindre des pays comme me Liban, même si nous pensions que le Liban
se distingue par une particularité humaine qu’est le rapprochement et
les mariages mixtes entre Sunnites et Chiites qui constituent presque
une seule société du point de vue des relations de parenté, des rapports
entre les savants et les dirigeants religieux, entre les militants pour
l’unité islamique et entre le commun des Musulmans. Pour ces raisons,
nous pensons que le Liban est le seul pays où la réalité sanguinaire n’a
pas beaucoup de chances de s’y installer. Pourtant nous devons être
vigilants pour empêcher les influences internationales qui sévissent
actuellement dans la région de la déstabiliser en vertu du slogan
américain de déstabilisation constructive.
En réponse à une question, son Eminence a dit :
Lorsqu’on écoute les politiciens américains parler des désaccords de
nature confessionnelles entre Alaouites et Sunnites en Syrie ou entre
Sunnites et Chiites au Liban, on a l’impression que certaines situations
politiques risquent de créer un climat négatif qui sent l’odeur du
crime. Les savants religieux et les militants pour l’unité islamique
contrôlent ces désaccords, mais nous savons que les Etats-Unis sont à
pied d’œuvre pour créer des ouragans politiques et pour provoquer des
discordes confessionnelles. Ils sont derrière la discorde
confessionnelle qui a alimenté la guerre civile au Liban, comme ils sont
derrière la discorde qui frappe actuellement l’Iraq ou qui se prépare
pour frapper d’autres pays arabes.
En réponse à une question sur son avis au sujet des
enquêtes en cours en ce qui concerne l’assassinat du Premier ministre
Hariri, son Eminence a trouvé étrange de voir certains journalistes et
politiciens se muter en juges qui condamnent certaines personnes loin de
toute preuve de nature judiciaire. Certaines informations et impressions
laissent à craindre une politisation de l’enquête sous les pressions et
l’influence américaines sur le Conseil de sécurités et les autres
instances internationales. On peut craindre également des manœuvres
américaines avec la participation de certains Etats européens.
Au sujet des pays donateurs et des aides fournies ou
promises au Liban, son Eminence a dit que ces pays nous ont habitués à
leur peu de fidélité à leurs promesses. Les Etats-Unis qui parlent du
Liban avec le langage de l’amoureux vis-à-vis de son bien-aimé ont
auparavant fourni au Liban quelques millions de dollars qui ne
représentent rien en comparaison avec la gigantesque dette du pays. D’où
nous n’avons confiance aux promesses des pays donateurs car le but de
ces promesses est de maintenir le Liban sous la tutelle américaine ainsi
que sous d’autres tutelles marginales.
Nonobstant, nous espérons que les responsables
libanais se mettent à l’œuvre pour défendre la réalité politique et
économique du Liban. Nous leurs demandons d’être fidèles au Liban et non
pas aux considérations que certains cherchent à y exploiter pour
introduire le Liban dans les labyrinthes.
Interviewé par Télé Liban
Jeudi, 18 cha’bân 1426 de l’Hégire, 22/09/2005 ap.J. C. |