Actualités >Communiqués-Archive de 2008 >  Le 27 muharram 1429 H / 05-02- 2008 Ap. J. C.

Le quatorze août, fête nationale libanaise

Fadlallah appelle l’autorité au Liban à proclamer le quatorze août, le jour de la victoire, une fête nationale !

Fadlallah : Le rapport Winograd ouvre la voie à de nouvelles guerres et à un nouvel équilibre de terreur !

Son Eminence, l’Autorité religieuse Muhammad Hussein Fadlallah, a publié un communiqué dans lequel il a commenté le rapport Winograd en ce qui concerne la guerre du Liban. Voici le texte de ce communiqué :

Le rapport Winograd a mis au clair un ensemble de questions qui, en premier lieu, prennent en considération l’intérêt supérieur d’Israël. Le rapport reconnaît la défaite d’Israël, mais il ignore en même temps les massacres perpétrés contre le peuple libanais. Il masque aussi beaucoup de questions qui sont d’ores et déjà connues par la classe politique israélienne et qui pourraient s’ouvrir à d’autres questions non moins grave que l’agression directe menée contre le Liban. Face à cela, il nous faut nous arrêter devant plusieurs données :

Premièrement : La reconnaissance officielle par Israël de sa défaite, constitue une partie de la vérité qui devrait être connue par tous les Arabes et les Musulmans. Par conséquent, ils devraient se sentir confiants des potentialités dont ils disposent et qui sont à même de pouvoir construire une nouvelle histoire victorieuse, à partir de préparatifs dont les plus pressants sont la mise au point d’un plan et la préparation de la scène sécuritaire, militaire et populaire, pour faire face à l’ennemi à tout moment où il pourrait recommencer, surtout que nous estimons que la mise au clair, à l’intérieur de l’entité ennemie, des questions en rapport avec la guerre de juillet, surtout à l’intérieur de l’institution militaire et sécuritaire israélienne, signifie que l’ennemi se prépare à créer des conditions favorables pour tenter de rétablir l’équilibre au sein de son institution militaire dont il a reconnu l’échec. Au sein également de sa réalité populaire qui a commencé à perdre la confiance à l’égard de la puissance de son armée, ce qui peut ouvrir la voie à une nouvelle agression contre le Liban ou la Syrie, ou à une invasion totale du district de Gaza, dans le but de récupérer le moral déchu et contraindre les Arabes à se plier devant les conditions d’Israël en ce qui concerne la paix et au niveau de la question palestinienne en particulier.

Deuxièmement : A partir des données du rapport et autres données de la politique intérieure israélienne, nous constatons qu’on est entré dans une nouvelle phase où les parties intérieures israéliennes font la course vers une nouvelle guerre qu’ils espèrent ne donner aux Arabes aucune chance de remporter la victoire et qui ne permettre à la Résistance de conserver sa force et sa ténacité. Cela exige de notre part une préparation pour faire face à l’ennemi, car nous pensons que la course électorale et politique à l’intérieur de l’entité ennemie est susceptible de conduire à une course sécuritaire destructrice pour la réalité arabe, en général, et la sécurité libanaise et palestinienne, en particulier. Cela peut donner lieu à des plans visant à provoquer plus d’une discorde intérieure, surtout en Palestine occupée où certains tiennent à y barrer la route à tout dialogue sérieux avec Hamas. Il en de même pour ce qui est du Liban qui, grâce à ceux qui y sont sages, a pu épargner au pays maintes discordes dont la dernière est celle relative à ce qui s’est passé lors des protestations sociales dans la Banlieue Sud de Beyrouth.

Troisièmement : Nous proposons aux régimes arabes qui multiplient les achats d’armes au profit des Etats vendeurs, ou au profit de la classe politique qui profite financièrement de ces marchés, de procéder à une véritable révision à l’égard de ces gigantesques sommes d’argent qu’ils dépensent, et de profiter des connaissances et de l’expérience des combattants libanais de la Résistance, pour fonder des éléments de renforcement intérieurs dans leurs pays, chose qui leur permettrait de sortir de la sphère de la peur suscitée en eux par les Etats-Unis, et les réhabiliterait, au moins, à négocier avec Israël d’égal à égal, si toutefois ils craignent toujours d’utiliser le mot « libération » avec ses significations et ses perspectives sur le plan de la Nation. Nous ne le disons pas ici pour faire de la publicité car nous savons qu’une partie de l’expérience de la Résistance est déjà passée à des armées arabes et islamiques, et cela n’a rien de honteux pour les Arabes de prendre une grande invention libanaise, de l’améliorer et de s’améliorer par elle.

Quatrièmement : Nous pensons qu’il est réellement fini le temps où les armées de l’ennemi pénétraient les territoires arabes limitrophes de la Palestine occupée et en sortaient toute chargées de prisonniers et victorieuses. Grâce à l’œuvre de la Résistance au Liban, nous sommes à une nouvelle étape qui peut être celle des nouvelles guerres ouvertes à un nouvel équilibre de terreur avec lequel Israël et son armée se trouveront face à ce qu’il ne s’y attendaient pas et ne prenaient pas en compte.

Cinquièmement : Nous proposons à l’autorité au Liban de proclamer comme journée de fête nationale le quatorze août, le jour de l’arrêt des hostilités suite à la défaite de l’ennemi, le jour de la victoire du Liban et des Libanais, des Arabes et des Arabistes, et de l’Islam et des Musulmans. Une fête avec toutes ses conséquences liées aux cérémonies, au respect qu’on doit aux âmes des martyrs, surtout aux martyrs de la Résistance, pour finir par faire tout ce qu’exigent les grandes responsabilités nationales en matière de la protection de la Résistance et de l’unité des rangs intérieurs de sorte à fonder une véritable entente intérieure face à l’ennemi ainsi que pour l’action visant à mettre en échec ses plans à venir.

Le Bureau d’Information de son Eminence,

l’Autorité religieuse,

l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah.

Beyrouth,

Le 27-01-1429 H / 05-02-2008 Ap. J. C.