Actualités >Communiqués-Archive de 2007 >  Le 25-11-1428 H / 05-12-2007 Ap. J. C.

Les Arabes n’auront pas grande chose dans l’après Annapolis

Les Arabes devraient baisser le niveau de leurs rêves après Annapolis, car les Etats-Unis ne leur donneront pas grande chose !

Fadlallah : Nous sommes entrés dans la phase de la liquidation de la cause palestinienne et les Arabes y sont partenaires à part entière

Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a affirmé que l’administration américaine n’est pas sérieuse, comme elle l’a laissé croire à la conférence d’Annapolis, dans le lancement des négociations entre le gouvernement de l’ennemi et l’Autorité palestinienne. Il a signalé que cette administration se laisse influencer par la volonté israélienne et que c’est pour cette raison qu’elle a retiré sont projet de résolution au Conseil de sécurité au sujet de l’application des dispositions de la feuille de route.

Son Eminence a mis l’accent sur le fait que la phase actuelle est celle de la liquidation de la cause palestinienne. Des parties arabes participent, l’a-t-il affirmé, à cette entreprise aux côtés des Etats-Unis et d’Israël. Il a appelé les Arabes à ne pas aller trop loin dans leurs rêves dans l’après Annapolis car les Etats-Unis ne leur donneront pas grande chose à faire valoir devant leurs opinions publiques. Il a en outre appelé les Palestiniens à être vigilants car Israël essaye d’utiliser les accords d’Annapolis pour provoquer une guerre civile entre Palestiniens et Palestiniens.

A ce propos, son Eminence a donné une déclaration dans laquelle il a commenté le retrait, sous pression israélienne, par les Etats-Unis, d’un projet de résolution présenté par leur ambassadeur au Conseil de sécurité. Voici le texte de cette déclaration :

Le tableau commence peu à peu à s’éclaircir : L’administration américaine dirigée par les néo-conservateur n’est pas en mesure de faire le moindre geste politique en liaison avec la situation dans la région ou, notamment, avec la question palestinienne qu’après consulter Israël et prendre son avis en grande considération. Cette administration se plie, en fin de compte, à la volonté israélienne ; ce qui veut dire que la volonté d’Israël prime celle des Etats-Unis eux-mêmes.

Le retrait, pour satisfaire le désir israélien, par l’administration américaine de son projet de résolution présenté par l’ambassadeur des Etats-Unis aux Nations unies, projet qui proposait l’application de tous les engagements fixés par la feuille de route, ce retrait constitue une preuve de plus sur le fait que, pour l’administration américaine, les intérêts d’Israël priment tous les autres intérêts. Cette administration s’est donc rendue compte que le fait d’imposer quoi que ce soit au gouvernement israélien est sensé entraver les manœuvres de ce gouvernement, qui ne voit pas d’un bon œil, toute tentative du Conseil de sécurité qui viseraient à fixer des démarches susceptible d’acculer Israël à reconnaître la nécessité d’être sérieux dans toutes éventuelles négociations avec l’Autorité palestinienne même si ces négociations ne seraient que de pure forme.

Cela prouve aussi, sans aucune doute, que l’administration du président Bush n’est pas sérieuse, comme elle l’a fait croire à Annapolis, dans le lancement des négociations entre le gouvernement de l’entité ennemi et l’Autorité palestinienne. C’est que cette administration s’efforce de laisser une grande marge de liberté au gouvernement de l’entité ennemie pour lui permettre de renoncer à toutes ses promesses et à tous ses engagements, surtout à un moment où il l’attend une nouvelle confrontation liée au prochain rapport de la commission Winograd, rapport qui aura des répercussions négatives sur ce gouvernement en dépit de toutes les tentatives américaines et arabes visant à permettre à Ulmert de se sauver la face et de regagner sa popularité dans la rue israélienne.

Pour toutes ces raisons, nous disons aux Arabes qui ont essayé de faire croire à leurs peuples que la conférence d’Annapolis représente la planche de salut pour la question palestinienne, nous leur disons qu’ils devraient prendre la mesure des dangers que représente leur soumission absolue à l’administration américaine, et se rendre compte que cette administration ne leur donnera grande chose à faire valoir dans leurs pays ou sur la scène arabe et islamique. Ils devraient, par conséquent, baisser le niveau de leurs beaux rêves, car la phase actuelle n’est pas celle de la gestion sérieuse des négociations entre l’ennemi et l’Autorité palestinienne. Elle est plutôt celle de la liquidation de la question palestinienne, liquidation à laquelle participent des parties arabes aux côtés des Etats-Unis et d’Israël.

Quant aux Palestiniens, nous leur disons qu’ils devraient étudier rigoureusement la situation car ce qu’Israël compte faire, à partir de l’opportunité que lui a offerte la conférence d’Annapolis, est de vous coincer, de vous affamer et de vous pousser à vous entretuer dans une guerre civile, ou à préparer les conditions d’une guerre totale contre vous, surtout dans district de Gaza.

Le Bureau d’Information de son Eminence,

l’Autorité religieuse,

l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah.

Beyrouth,

Le 25-11-1428 H / 05-12-2007 Ap. J. C.