Fadlallah : La confessionnalisation de la victoire et
la plus grande de toutes les tentatives visant à déformer l’image de la
Résistance !
Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah
Muhammad Hussein Fadlallah, a affirmé que les tentatives les plus
dangereuses visant à déformer la victoire réalisée par la Résistance, en
juillet 2006, sont celles qui ont pour but la confessionnalisation de la
victoire, victoire qui a été une source d’inspiration pour toute la
Nation et qui a été bien accueillie par les Sunnites plus qu’elle ne l’a
été par les Chiites eux-mêmes.
Son Eminence a mis en garde contre deux dangers
imminents : Le premier vient de ceux qui mettent en doute la crédibilité
de la Résistance et l’authenticité de son action contre l’ennemi du fait
qu’elle ne mène pas des actions contre la Finul. L’autre vient de ceux
qui présentent ses armes comme un danger qui attire, à nouveau,
l’agression de la part de l’ennemi. Son Eminence a signalé que la
Résistance ne présente pas seulement l’image la plus brillante dans le
monde arabe et musulman au niveau du courage de ses combattants, mais
aussi au niveau de la conscience, de la planification et du diagnostic
qu’ils font de l’ennemi et de ses plans.
Il a appelé ceux qui font la promotion de la
prochaine guerre à ne pas confondre la préparation à faire face aux
plans de l’ennemi et le déclenchement d’une défaite psychologique dans
certaines positions. Il a mis en garde, à ce propos, contre toute action
stupide de la part d’Israël, considérant qu’une telle action le conduira
vers le grand labyrinthe stratégique.
Son Eminence a donné une déclaration à l’occasion du
premier anniversaire de l’agression de juillet 2006. Voici le texte de
cette déclaration :
La carte des objectifs politiques et sécuritaires
américains et israéliens de l’agression de juillet avait une longue
portée dans le sens où les dirigeants arabes peuvent être très
satisfaits du fait que leurs pays et leurs trônes n’aient subi de grands
dégâts suite à la défaite d’Israël livré à la déception après la
confrontation avec les groupes de la Résistance qui ont montré qu’ils
sont les plus forts, les plus fermes et les plus fidèles au niveau de la
Nation toute entière.
D’aucuns sont d’ores et déjà conscients du fait que
l’agression de juillet ne visait pas seulement l’infrastructure
libanaise ou la structure de la Résistance au Liban. Elle représentait
plutôt une attaque sauvage contre la structure culturelle,
intellectuelle et politique de la Nation ainsi que contre sa structure
géographique. Les analyses ayant évoqué un démantèlement consécutif à
cette agression au niveau de la région, au cas où Israël l’aurait
emporté, n’étaient pas des analyses chimériques. Pour cette raison, la
Résistance n’avait pas seulement stoppé l’avance d’une armée sur les
frontières libanaises, mais elle avait stoppé une invasion de grande
envergure qui visait toute la Nation. Elle a mis en échec les objectifs
d’une guerre mondiale où les efforts des Etats-Unis, de l’Europe et de
beaucoup d’Arabes ont rejoint ceux d’Israël dans le but de briser la
volonté de réticence et de forcer le bras à la dignité de la patrie et
de la Nation.
Nous constatons, parmi les conséquences inattendues
de la victoire contre Israël dans la guerre de juillet, que cette
victoire a fait peur à beaucoup de parties arabes en raison de la
lâcheté de ceux qui ont éprouvé l’infamie dans toute leur histoire, de
ceux qui n’ont jamais senti l’odeur de la victoire, ou en raison de la
complaisance déclarée avec les Etats-Unis et secrète avec Israël. Là, le
premier ministre de l’entité ennemie peut afficher sa fierté car cette
guerre-crime a jeté les assises d’une alliance arabe avec Israël et d’un
axe réunissant les grands responsables des services de renseignement
arabe et les chef du Mossad pour que les premiers écoutent les seconds
leur parler de leurs plans susceptibles de faire échouer la réticence et
la résistance en Palestine, au Liban et partout dans le reste du monde
arabe et musulman.
Pour cette raison, nous pensons que la secrétaire
d’Etat américaine qui envisageait faire de la guerre contre le Liban le
point de départ du processus d’un nouveau Moyen-Orient, a tout fait,
tout au long de la période qui a suivi l’arrêt des opérations militaires,
pour liquider la victoire ou pour l’assiéger afin de l’empêcher de se
propager au niveau arabe. D’où nous comprenons ses convocations
récurrentes des ministres des affaires étrangères arabes, et nous
comprenons les tentatives américaines visant à empêcher les Libanais de
s’intégrer dans une ambiance d’unité, de liberté et d’indépendance à
même de défendre la victoire et de la présenter comme un modèle vivant
de toute la Nation.
Parmi les choses à remarquer en ce qui concerne la
guerre d’agression de juillet, il est à noter que la victoire de la
Résistance a jailli dans les veines des peuples arabes et musulmans au
niveau de l’affection vis-à-vis de l’événement mais sans que cette
affection pure et saine ne se transforme en acte politique intégral ou
en grande interaction à même de fondre la Nation et y créer cet état
d’intégration arabe et islamique dont elle a tant besoin dans les
conditions de la grande offensive qui avait, et qui a toujours, comme
objectif, le démantèlement de la Nation et sa division en entités
confessionnelles, ethniques et politiques. Tout au contraire, on a
remarqué l’apparition d’un effort ignoble qui cherche à mettre la
victoire dans le registre confessionnel et, partant, à susciter la peur
chez une autre partie de la Nation. Nous avons remarqué comment des
personnalités nationales et islamiques notoires sont tombées dans ce
piège à bon ou à mauvais escient… Pour cette raison, nous considérons
que les plus grandes tentatives de déformer cette victoire historique
sont celles qui ont eu pour but sa confessionnalisation après avoir été
une source d’inspiration pour la Nation toute entière, après avoir
attiré la sympathie des Sunnites plus que celle des Chiites, et après
avoir été, pour tous les hommes libres du monde, un vrai point de départ
vers la défaite du mal et de la sauvagerie dans le monde.
Nous mettons en garde, ces jours-ci en particulier,
contre deux dangers imminents. Le premier se représente par des
allusions qui commencent à se faire sentir ici et là pour mettre en
doute la crédibilité de la Résistance et l’authenticité de son attitude
vis-à-vis de l’ennemi, afin de lui enlever la marque de l’Islam et du
nationalisme au cas où elle ne s’attaquerait pas à la Finul. L’autre
danger vient des tentatives visant à présenter les armes de la
Résistance comme un danger qui attire, à nouveau, l’agression
israélienne, et qui devrait être anéanti pour nous assurer la sécurité
face au mal israélien. Nous disons aux uns et aux autres que la
Résistance au Liban ne représente que l’image la plus brillante au Liban,
dans le monde arabe et dans le monde islamique, en raison non seulement
du courage de ses combattants, mais aussi en raison de ce qu’elle offre
en tant que force vivante, dynamique et armée d’un grand niveau de
conscience, d’expérience et de capacité de planification. Elle est aussi
la plus capable de bien diagnostiquer la situation de l’ennemi israélien
et de ses plans. Pour cette raison, nous demandons à tous de soutenir la
Résistance politiquement, moralement et matériellement ou, du moins, de
ne pas prendre position contre elle à bon ou à mauvais escient. Nous
demandons à ceux qui cherchent à intimider les gens par la guerre à
venir de ne pas confondre la préparation visant à faire échouer les
plans de l’ennemi et l’anarchie des discours et des attitudes qui
pourraient conduire certaines personnes à la défaite psychologique. Nous
savons que l’ennemi est en train de ravaler son armée, qu’il tente
d’assainir sa situation et il planifie pour récupérer sa réputation.
Mais nous savons aussi qu’il peut tomber dans le grand labyrinthe
stratégique s’il commet de nouvelles actions stupides. Ce qui est donc
demandé ce sont donc la prudence et la conscience et non pas l’esprit
défaitiste face aux scènes de propagande qu’on déploie ici et là.