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de 2007 > Beyrouth, le 10 jumâdâ I 1428 /
27-5-2007
Fadlallah met en garde contre les ingérences américaines au Liban
Pour un responsable arabe, Israël est notre allié et
l’Iran notre ennemi
Fadlallah : Les Etats-Unis sont derrière le problème
du Liban. Nous devons être prudents pour ne pas les laisser nous mordre
lors des échéances à venir !
Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah
Muhammad Hussein Fadlallah, a donné un communiqué dans lequel il a mis
en garde contre les ingérences américaines au Liban. Voici le texte de
ce communiqué :
Certains Etats arabes ont décidé de se charger d’une
nouvelle tâche à la marge du projet américain et d’écouter le vice-président
américain qui, lors de sa dernière visite, a incité ces Etats à
rejoindre le plan américain visant à faire des gesticulations à
l’adresse de l’Iran, d’une part, et aux Palestiniens dans le but de les
assiéger, d’autre part. Cela a pour but de permettre à l’administration
américaine de poursuivre, comme si elle occupait une position
triomphante, ses pressions sur le monde arabe et musulman, alors qu’elle
a commencé de s’embourber dans la défaite, à commencer par l’Afghanistan
et à finir par le Liban, en passant par l’Iraq et la Palestine.
Nous assistons à une escalade des tentatives de
pression dont certaines prennent un caractère sanguinaire lorsqu’elles
s’exercent contre les mouvements de réticence et de résistance, tantôt
en Palestine par l’intermédiaire de parties liées à l’administration
américaine et à des services arabes qui servent cette administration,
tantôt par l’intermédiaire de l’ennemi israélien lui-même. Il existe
maintenant un plan alternatif dont la préparation a commencé au niveau
palestinien après l’échec du plan précédent qui visait à attirer Hamas
et les autres mouvements de l’Intifada vers une solution au profit
d’Israël et de l’initiative arabe télécommandée par les Américains. Le
moment choisi pour lancer cette initiative répondait au besoin qu’ont
les Américains de faire une percée au niveau arabo-israélien susceptible
de cerner les Palestiniens et de barrer la route aux efforts visant à se
prémunir de la force sur l’axe opposé aux Etats-Unis et qui représente
les forces de réticence que sont l’Iran, la Syrie et les mouvements de
résistance.
Cet effacement arabe officiel devant l’administration
américaine est ce qui a porté l’un des responsables arabes à prononcer
des propos qui montrent la taille de la honte vécue par ces responsables
ainsi que la taille de leur subordination au projet américain. Ce
responsable a dit lors d’une réunion politique intérieure qu’ « Israël
est notre allié et l’Iran notre ennemi ». Il a même défendu le droit
d’Israël de posséder des armes nucléaires car il les considère comme des
armes qui l’aident et qui aident ses semblables face à l’Iran. Il s’agit
là d’une lecture catastrophique qui rappelle l’erreur historique commise
par certains Arabes qui, au début du siècle dernier, se sont opposés au
projet arabe et islamique, en s’engageant dans le jeu des étrangers, en
servant, directement ou indirectement, le projet colonialiste, en
s’inclinant, stratégiquement, face aux intérêts des Etats-Unis, d’Israël
des autres Etats arrogants.
Face à ce tournant catastrophique qui ne prend même
pas en considération l’échec subi par le projet américain, nous appelons
les forces de réticence arabes et islamiques à davantage de fermeté et
de conscience car, cette fois, l’administration américaine qui se
contentait auparavant de leur silence, de leur passivité et de leur
servilité, a décidé d’utiliser des cartes arabes en vue de s’attaquer
aux Arabes et aux Musulmans. Nous devons au Liban être vigilants face à
l’ampleur des ingérences américaines qui ont été et qui continuent
d’être l’agent nocif qui a frappé le corps libanais, surtout ces
derniers temps, en tentant de se présenter comme la baume guérisseuse
des maux intérieurs. Mais nous savons tous que le serpent ne porte pas
l’élixir mais le poison foudroyant. Gardons-nous donc de nous laisser
mordre encore une fois par le serpent américain en faisant face à nos
problèmes actuels et à nos échéances à venir.
Au nom de Dieu, le Clément, le
Miséricordieux
Le Bureau d’Information de son
Eminence,
l’Autorité religieuse,
l’Ayatollah Muhammad Hussein
Fadlallah.
Beyrouth, le 10 jumâdâ ’I 1428
H /
17 Mai 2007 AP. J.
C.
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