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Fadlallah: Agissons pour établir des ponts de dialogue qui conduiraient à des accords politiques fondés sur le consensus

Discours prononcé lors de la célébration

annuelle de la rupture du jeûne organisée par l’Association de Bienfaisance « al-Mabarrât »

L’Association de Bienfaisance « al-Mabarrât » a organisé la célébration annuelle de la rupture du jeûne dans le complexe de l’école de Sayyida Khadija al-Kubrâ et du lycée al-Kawthar, sur la route de l’aéroport, en la présence :

Du ministre des affaires étrangères, M. Fawzi Salloukh, qui a représenté le président de la République, le général Emile Lahhoud.

Du député, M. Yassin Jaber qui a représenté le président de la Chambre, M. Nabih Berri.

Du vice secrétaire général de Hezbollah, Sheikh Na’im Qassim, qui a représenté le secrétaire général de Hezbollah, Sayyid Hassan Nasrallah.

De M. Fadi Azar qui a représenté le président du bloc al-Mustaqbal, M. Saad Hariri.

De M. Hikmat Dib qui a représenté le bloc du Changement et de l’Assainissement, Le général Michel Aoun.

De M. le ministre Muhammad Jawad Khalifa.

Des présidents :

MM. Hussein el-Husseini, Salim Hoss et Rashid el-Solh,

De l’ambassadeur de la République Islamique d’Iran, M. Muhammad Rida Shibani,

Des députés :

MM. Bshara Murhij, Muhammad Raad, Marouan Fares, Hussein el-Hajj Hassan, Nawwar el-Sahili, Amin Sherri et Anouar al-Khalil.

Des ex-députés et ministres :

MM. Issam Numân, Ammar el-Moussaoui, Mouhsin Dalloul, As’ad Diab, Bahaouddin Itani, Hassan Alawiyyé et Hussein Yatim.

M. le colonel Ali Jaber a représenté le chef de l’armée, le général Michel Suleyman.

Ainsi qu’un grand nombre de représentants de partis politiques, d’associations, de municipalités, et de références religieuses et économique.

La réception était ouverte par la récitation de Versets coraniques par M. le lecteur, Sheikh Salman el-Khalil. Elle a été suivie par un documentaire sur les « Mabarrat » après l’agression israélienne, et par un discours prononcé par le directeur général des « Mabarrat » qui a exposé les réalisations des « Mabarrat » après l’agression.

Fadlallah

Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a clôturé la réception en prononçant un discours où il a dit :

Il y a une question qui se pose : Peut-on trouver des solutions intérieures au Liban dans les conditions des complications qui sévissent dans la région ?

Tout le monde parle de la difficulté ou de l’impossibilité d’une telle entreprise. Pourtant, je dis : Si nous ne pouvons pas trouver une solution intérieure décisive, pourquoi ne trouverions-nous pas des solutions qui préserveraient l’équilibre intérieur du pays en attendant l’accalmie dans la région, au lieu de nous quereller, à l’intérieur, au profits des complications de la région ? Pourquoi nous n’agirions pas pour assurer la continuité politique, économique et sociale du pays, si toutefois nous avons à choisir entre les divergences et le divorce, et entre la continuité du pays avec des secousses politiques ici et là, ou entre sa non continuité avec laquelle il devient semblable à une ballon sur le terrain des contradictions de la région et dans le jeu des intérêts internationaux dans la région ?

La deuxième question est de savoir comment faire passer le Liban de son rôle comme terrain passif à son rôle comme terrain actif. Je ne dis pas que le Liban serait en mesure de changer la situation dans la région du moment où il agirait pour élaborer un consensus intérieur. Mais je prétends que la paix intérieure libanaise serait un critère de la paix dans la région ou de la possibilité de le prendre comme modèle dans les autres dossiers… Si des parties existent qui veulent voir le Liban continuer de jouer le rôle de laboratoire, pourquoi un tel laboratoire ne propose-t-il pas des échantillons qui rechercheraient le repos, le calme et la paix à l’intérieur comme message de bonté adressé à ceux qui sont à l’extérieur ?!

La troisième question est que notre problème au Liban est dans le régime confessionnel qui a bloqué l’évolution intérieure au cœur même du système et dans la vie politique au Liban. Ce régime a facilité aux forces extérieures la pénétration du tissu libanais fragilisé par ce même régime confessionnel… Je prétends que les pénétrations par les Etats étrangers des constituantes intérieures et des personnalités politiques ne se réduisent pas à la seule dimension politique et au seul tripotage de tout ce qui pourrait conduire au consensus. Ces pénétrations sont devenues sécuritaires et affectent plus d’un niveau, ce qui donne à craindre pour l’équilibre du pays, pour sa continuité aussi bien que pour sa stabilité.

La troisième question est en rapport avec le discours qui parle de l’indépendance et des occasions qui sont devenues opportunes pour accomplir cette indépendance par la fenêtre de ce que l’on appelle l’échéance présidentielle. Nous saluons tout effort visant à l’indépendance complète et non pas à l’indépendance vis-à-vis de telle ou telle partie arabe ou islamique, l’indépendance qui ne soit pas une soumission à une tutelle internationale qui ne s’intéresse qu’à la protection d’Israël face au Liban. Mais nous nous demandons comment peut-on parvenir à l’indépendance et comment le choix du président qui doit protéger cette indépendance ne se fait qu’à partir de calcules internationaux, et peut-être régionaux, ou même à partir de directives qui pourraient venir au dernier quart d’heure ?

Le Liban a perdu son indépendance dès le moment où ses politiciens avaient décidé de l’hypothéquer à l’étranger, dès le moment ont certains avaient décidé de détruire l’unité du pays en ne se rendant pas compte que leur plan le conduit au suicide.

Nous devons agir, même si tous les courants se dressent contre nous, pour établir des ponts de dialogue susceptibles de conduire à des accords politiques que toutes les parties veilleraient à en protéger les dénominateurs communs qui font l’unanimité de tous même dans le discours de consommation selon la règle disant que « Le Liban ne peut pas être géré de l’extérieur et ne peut pas continuer d’exister dans l’hostilité vis-à-vis de l’extérieur, surtout de cet extérieur qu’est le voisinage arabe et islamique ».

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Le Bureau d’Information de son Eminence,

l’Autorité religieuse,

l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah.

Beyrouth, le 07 sha’bân’ 1428 H /

19 août - 2007 AP. J. C.