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Le voile islamique dans les écoles et universités turques

Fadlallah appelle le parlement turc à lever l’interdiction du voile dans les écoles et universités turques

Fadlallah : Le laïcisme occidental qu’Atatürk tentait d’imiter ne s’opposait pas au port du voile

Son Eminence, l’Autorité religieuse Muhammad Hussein Fadlallah, a publié un communiqué dans lequel il a critiqué le refus par le chef d’Etat-major de l’armée turque de lever l’interdiction du voile dans les écoles et universités turques. Voici le texte de ce communiqué :

Prenant note des grandes pressions exercées par l’armée et les généraux turcs sur les hommes politiques et le régime politique turc, nous considérons que nous sommes face à un genre nouveau de gouvernance, à savoir celle qui a une forme démocratique mais qui est complètement soumise aux militaires et qui s’emploie à retravailler la réalité politique, religieuse et sociale en Turquie pour l’emprisonner dans le cadre de ses directives et visions sous prétexte de défendre la démocratie, ce qui nous ouvre à une dictature militaire systématique et non pas à un régime véritablement démocratique.

Nous nous demandons quelle est ce grand danger que représente le voile pour le régime laïque en Turquie, ce régime au nom duquel Atatürk avait tenté d’imiter le laïcisme occidental, surtout dans les pays qui, comme les Etats-Unis et l’Angleterre, ont des relations étroites et des alliances avec la Turquie, mais qui ne s’opposent pas au voile ni ne cherchent à l’interdire dans la mesure où ils le placent dans le cadre des libertés personnelles ? On a même entendu des critiques émanant des Etats-Unis et d’autres pays qui ont visé la France lorsqu’elle s’est mise à exercer des pressions sur le port du voile dans les écoles.

Nous trouvons étrange la conduite de ceux qui craignent pour leur régime des femmes qui portent le voile qui est un mode vestimentaire qui peut être différent des autres modes, mais qui traduit le sentiment qu’éprouve la femme musulmane au sujet de la nécessité de respecter la qualification légale dans des limites qui ne portent aucune atteinte aux autres… Nous estimons que toute tentative de soumettre la femme musulmane à l’oppression dans ce domaine est un genre de violence qu’on exerce contre elle. C’est une agression contre elle, contre sa personne, ses choix et sa liberté dont les louanges sont tant et tant chantés par ceux-ci et ceux-là.

L’armée turque et ses responsables devraient retourner à leur authenticité et originalité et s’affranchir des complexes personnels qui les portent à se méfier du voile dans les écoles et les universités, surtout que le peuple turc le respecte et l’adopte dans les milieux publics et privés sans que cela ne constitue une menace pour l’ordre. La Turquie qui a pu faire des grands pas en avant dans les domaines civils, sociaux et même politiques, comme nous l’avons bien vu, tout particulièrement, dans l’expérience du Parti de la Justice et du Développement, devrait se conduire comme l’exige son intérêt et celui de son peuple pour ainsi être l’ambassadrice de l’Islam civilisé auprès de l’Occident et un trait d’union entre le monde islamique et le monde occidental.

A partir de ces considérations, nous appelons le parlement turc à agir dans l’harmonie avec la nature démocratique du régime, tel qu’il est considéré par ceux qui en sont convaincus, et à aller plus loin vers l’annulation de l’interdiction du voile dans les écoles et les universités, loin des pressions qui pourraient s’exercer ici et là. Nous appelons aussi à lancer un dialogue islamique / laïque ouvert sur toutes les questions y compris celles qui sont en relation avec la coordination et la coopération dans les domaines sociaux, économiques et même politiques.

Le Bureau d’Information de son Eminence,

l’Autorité religieuse,

l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah.

Beyrouth,

Le 22-01-1429 H / 31-01-2008 Ap. J. C.