| L’espoir, après les ententes libanaises, d’aboutir à d’autres, arabes… |
Fadlallah : Les entraves qui se dressent face au projet ennemi ne pourront pas constituer seules un levier de la situation arabe !
Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a rendu public un communiqué au sujet de l’entente entre les Libanais. Voici le texte de ce communiqué :
Ce qui démolit le monde arabe n’est rien d’autre que ces lignes politiques liées aux axes internationaux qui déploient leurs efforts pour empêcher tel Etat arabe de s’entendre avec un autre Etat arabe, exactement comme ils le faisaient lorsqu’ils voulaient empêcher les Libanais de s’entendre ou de s’arranger entre eux au sujet des questions communes les concernant.
La question des discordes confessionnelles et schismatiques qui ont été provoquées dans les cercles médiatiques et politiques dans le monde arabe et musulman, avait pour origine des directives et des instructions internationales, et tout particulièrement américaines. On a voulu que le dossier sunnite / chiite qui s’était ouvert de manière brûlante médiatiquement et politiquement devienne contraignant pour les grandes causes, de manière à conduire les Musulmans à s’occuper de leurs problèmes intérieurs avant de finir par s’incliner devant Israël, marchander au sujet de la Palestine et se soumettre aux arrogants qui leur imposent leurs conditions, et s’imposent même comme intermédiaires pour soi-disant résoudre les problèmes intermusulmans et interarabes.
Son Eminence a signalé que les entraves qui se dressent face au projet arrogant dans la région ne pourront pas constituer, à elles seules, un levier de la situation arabe et islamique, car le projet arabo-musulman que nous espérons voir réaliser de véritables avancées ver l’unité n’est pas encore à la portée de main, car aussi, les possibilités de destruction et de désarticulation sont beaucoup plus faciles à mettre en œuvre que la construction qui continue de se heurter à plus d’obstacles parmi ceux dressés par les étrangers et les arrogants sur notre terrain, par l’entremise de grands et petits fonctionnaires qui sont munis de cartes d’identité arabes et islamiques, mais qui ne sont point sensibles à la question de l’appartenance à leurs Nation et à leurs peuples.
Nous avons auparavant appelé à un dialogue interislamique et surtout à un dialogue chiite / wahhâbite, non seulement sur la base de paroles qui s’évaporent dans l’air ou de courtoisie, mais sur celle de rencontres qui se tiendraient ici et là entre savants qui étudieraient les possibilités d’en finir avec ce criminel foyer où pilulent l’excommunication et les accusations de mécréance et d’égarement. J’estime que nous pourrons nous rapprocher si toutefois nous adoptons les critères scientifiques islamiques du dialogue. Il nous serait alors possible de fonder, par le dialogue, une vision au sujet du rapprochement arabe et musulman qui devrait prendre en charge toutes les causes arabes et islamiques, au lieu de rester avec des Etats ayant chacun son propre projet, ou avec des mouvements islamiques ou nationaux ayant chacun ses propres ambitions au détriment des grandes ambitions de nos peuples.
Pour ce qui est du sujet libanais, son Eminence a exprimé son espoir de voir les récentes ententes libanaises contribuer, malgré leur accouchement à la césarienne, à l’apparition de nouvelles ententes sur le plan des relations interarabes, car je ne vois pas, a-t-il affirmé, la présence d’un grand litige qui soit à l’origine de toute cette rupture entre tel ou tel Etat arabe. Il en est ainsi également car ceux qui font l’intermédiaire de bons offices entre telle ou telle factions palestiniennes, ou même entre les factions de l’Intifada et l’ennemi, pourront toujours le faire dans le cadre du dialogue, de la communication ou de l’intervention entre telle ou telle des positions arabes.
Son Eminence a signalé la possibilité pour le modèle libanais d’avoir un impact positif sur les milieux politiques arabes, car le Liban qui se nourrit toujours sur les problèmes de la région, peut aussi contribuer à apaiser l’acuité des problèmes s’il arrive à forger une entente intérieure sur de fermes assises politiques. Son Eminence a conclu en exprimant son espoir de voir s’avancer les relations du Liban avec son voisinage arabe et islamique, et d’aboutir à une secousse positive dans le dossier des relations des Etats arabes les uns avec les autres.
Par ailleurs, son Eminence a reçu l’ex-directeur général du ministère de l’information, Muhammad Obeid avec qui il a passé en revue la situation générale. Il reçu également le Professeur Hazem Shahin.
Le Bureau d’Information de son Eminence,
l’Autorité religieuse,
l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah.
Beyrouth,
Le 05/08/2008 Ap. J. C. / 03 sha’bân 1429 H
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