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Pour une stratégie contre toute alliance susceptible de saper l’indépendance !

Fadlallah appelle à un dialogue qui aborderait les perspectives de la Résistance et mettrait au point une stratégie contre toute tutelle extérieure et toute alliance susceptible de saper l’indépendance du Liban.

Fadlallah : L’admission par Israël des conditions de la Résistance pour l’échange des prisonniers marque un nouvel équilibre et un nouveau stade ! 

 

Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a rendu public un communiqué dans lequel il a abordé l’échange à venir des prisonniers par la Résistance et l’ennemi. Voici le texte de ce communiqué :

L’admission par Israël des principales conditions de la Résistance en ce qui concerne l’opération d’échange des prisonniers constitue, quant à ses significations politiques et pratiques, un grand acquis réalisé par la Résistance. Elle met le Liban, et à travers lui, toute la Nation, devant une nouvelle phase parmi celles de la confirmation de l’identité arabe et islamique face à toutes les tentatives israéliennes qui se sont acharnées contre cette identité et qui ont pour but de présenter les combattants de la Résistance au monde comme des groupes terroristes que tout le monde doit s’en débarrasser, et que les institutions de l’ennemi et son gouvernement ne devraient pas accepter leurs revendications et leurs conditions.

Cette soumission de l’ennemi face aux conditions de la Résistance, soumission accompagnée d’une reconnaissance par l’ennemi de son humiliation après la guerre destructrice d’agression de juillet 2006, prouve que le temps où Israël imposait ses conditions à la totalité du monde arabe et islamique qui s’inclinait à la manière de l’impuissant devant le puissant, est d’ores et déjà caduc. Une nouvelle ère se présente et l’ennemi reconnaît, directement ou indirectement, que l’équilibre des forces relatives aux potentialités de la Résistance et à ses propres potentialités, a créé une nouvelle donne qu’il n’est pas possible d’ignorer ou de contourner par des menaces et des intimidations ou même par le lancement de guerres dont les dernières expériences, surtout lors de la dernière agression contre le Liban. Cette ère est celle dans laquelle l’ennemi n’est plus dans la position qui lui permettrait de lancer une guerre éclaire et décisive, ou de frapper les profondeurs du Liban ou des pays arabes et musulmans sans recevoir des coups en échange et sans saigner et payer des frais doubles de sa force, de son prestige comme pays redoutable et de ses capacités de dissuasion dont il chantait les mérites jusqu’à hier.

Cet exploit, vu sous toutes ses répercussions politiques, sécuritaires et autres, marque l’importance de l’impact de la force juste face à l’ennemi. Il marque aussi l’importance, pour le Liban, d’être fort, de construire sa propre puissance et de forger un modèle parmi les plus formidables de la liberté et de la dignité face à l’ennemi.

D’où, nous estimons qu’il est honteux de mettre la Résistance dans la case d’accusation, ou de regarder ses armes comme une charge ou une entrave pour le Liban. Etre juste envers le Liban libre et indépendant et envers la Nation que nous sollicitons nous invite à apprécier les grands et singuliers exploits de cette Résistance qui occupe une position majeure dans la défense de la Nation face au projet israélo-américain ennemi, sans que cela n’implique la fermeture de la porte du dialogue au sujet d’une stratégie de résistance dans le cadre d’une stratégie générale, libanaise, arabe et islamique, un dialogue objectif qui s’inscrirait dans le contexte des perspectives de l’usage des armes de la Résistance pour la défense du Liban et de son avenir.

En dépit du brouillard politique qui entoure la réalité libanaise intérieure suite à l’ensemble des accumulations politiques, médiatiques et même sécuritaires qui ont provoqué un climat compliqué entre les diverses parties libanaises, et tout particulièrement entre les loyalistes et l’opposition… En dépit de tout cela, nous trouvons que les circonstances dont nous nous approchons permettent, lorsqu’on les regarde, entre autres, sous l’angle de la libération de nos prisonniers, de relancer le dialogue intérieur et de renforcer ce dialogue afin de toucher aux perspectives des solutions intérieures et de forger une stratégie politique et sécuritaire à même de défendre le Liban contre ses ennemis, et de barrer la route à toute alliance qui risque de saper l’indépendance libanaise que nous escomptons entière et sans aucune faille non seulement en ce qui concerne le rejet de route tutelle étrangère et occidentale, mais aussi au niveau des échanges paritaires d’égale à égal et sous les signes du respect mutuel, avec les pays frères, arabes et musulmans. Il en est ainsi car nous pensons qu’un Liban fort, libre et indépendant est davantage plus à même de servir les causes arabes et islamiques, alors qu’un Liban hypothéqué par telle ou telle instance arabe, islamique ou internationale ne pourra se débarrasser d’une crise que pour se trouver empêtré dans une autre. Nous pensons qu’il est du droit des Libanais d’en finir avec toutes les crises qui ont porté préjudice à leur crédit intérieur et à leur place entre les Nations.           

Le Bureau d’Information de son Eminence,
l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah.
Beyrouth, Le 06/07/2008 Ap. J. C. /  03 rajab 1429   H