| Le laïcisme de la Turquie est tribal ! |
A propos de la décision de la cour constitutionnelle turque interdisant le port du voile dans les universités :
Fadlallah : Le laïcisme de la Turquie est tribal d’identité orientale dépassée, sur le plan de la civilisation, même par le modèle occidental.
Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a rendu public un communiqué dans lequel il a commenté la décision de la cour constitutionnelle turque interdisant le port du voile dans les universités. Voici le texte de ce communiqué :
Si la décision du parlement turc qui annulé l’interdiction du voile dans les universités avait reflété une tendance turque vers le respect de l’homme quant à ses options et ses engagements personnels, la décision, dernièrement, de la cour constitutionnelle turque est intervenue pour annuler celle du parlement, pour la raison qu’elle constitue, à ses yeux, une menace pour la laïcité fondatrice de la constitution turque.
Face à cet événement, nous avançons les remarques suivantes :
Premièrement : Le laïcisme turc est fondée sur une mentalité orientale semblable au fanatisme tribal, du fait qu’il menace les droits de l’homme et bafoue les libertés humaines en imposant l’analphabétisme éducatif à la majorité des femmes voilées qui refusent d’enlever le voile qui représente une responsabilité légale et une obligation religieuse. Pour cette raison, ce laïcisme est semblable aux fanatismes religieux clos.
Deuxièmement : Le paradoxe est que l’Occident qu’Atatürk a voulu imiter et suivre continue d’autoriser les femmes volées à avoir accès à l’université. Cela est de vigueur aux Etats-Unis, en Angleterre et dans la plupart des pays européens ainsi que dans l’union russe, la question étant en rapport avec les libertés personnelles dont le respect est exigé par les droits de l’homme. Dans ces conditions, le laïcisme turc apparaît comme quelque chose de rétrograde par rapport à l’idéal qu’il sert et se conduit en s’y référant.
Troisièmement : La décision de la cour constitutionnelle ne respecte pas la volonté de la majorité écrasante des représentants de la nation étant donné que l’annulation de l’interdiction du port du voile a été votée par 411 députés sur un total de 550.Cette décision constitue une menace pour la stabilité sociale dans la mesure où elle fait allusion à une oppression de la majorité par la minorité, mettant ainsi la majorité populaire dans l’impasse. De plus, cette décision fera obstacle à l’adhésion de la Turquie à l’Organisation de la Conférence Islamique, du fait que les juges et les militaires qui la dirigent refusent de la considérer comme un Etat musulman.
Quatrièmement : Nous considérons que le port du voile relève de la liberté personnelle tout comme tout vêtement qui, tout naturellement, est utilisé par l’homme, pour couvrir une partie de son corps, du fait que le nudisme est anormal pour les us et coutumes des gens. Pourquoi, alors impose-t-on, comme le veut le laïcisme, à la femme de ne pas couvrir sa tête sans lui imposer de découvrir d’autres parties de son corps ? Si le voile est considéré comme un symbole religieux, il faudrait alors interdire tous les noms, toutes les couleurs et toutes les formes qui marquent la particularité religieuse. Ce qui compte ce n’est pas d’uniformiser le modèle au niveau de la forme, mais d’éduquer les génération dans l’esprit d’accepter l’autre et de s’ouvrir à lui tel qu’il est dans ses particularités. Mais tout cela donne à penser que le laïcisme turc insiste à vouloir montrer davantage d’arriération intellectuelle et civilisationnelle par rapport à la logique humaine.
Enfin, le fait de parler de la défense du laïcisme et de la considérer comme une religion sacrée qui n’accepte d’être discutée ni modifiée au niveau de ses éléments et qui ne veut écouter aucune remarque au sujet de l’arriération civilisationnelle de cette forme de laïcisme, trahit un dogmatisme dont on accuse les responsables de l’institution religieuse d’en être les seuls défenseurs. Cette méthode répressive n’a pu enraciner le laïcisme en Turquie. Le Laïcisme a vu le jour en Turquie en réaction au régime ottoman, et de manière chargée de passions dans le but d’exclure l’islam qui est la religion de la majorité écrasante du peuple turc. On a voulu imiter l’Occident à travers son laïcisme, mais en réalité c’est l’Islam qui a pris le dessus sur le plan politique au point que les adeptes du courant politique islamique qu’on qualifie de modéré, ont pu obtenir la majorité absolue dans les élections.
Le Bureau d’Information de son Eminence,
l’Autorité religieuse,
l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah.
Beyrouth,
Le 07/06/2008 Ap. J. C. / 03 jumâdâ II 1429 H
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