| Au sujet des présidentielles américaines |
Son Eminence, l'Autorité religieuse, l'Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a rendu public un communiqué dans lequel il a abordé les conséquences des élections présidentielles aux Etats-Unis. Voici le texte de ce communiqué :
Le peuple américain a voté dernièrement et a réussi à mettre fin au mandat d’une administration qu’il avait participé, il y huit ans, à lui offrir le pouvoir, avant de la ramener au pouvoir, il y a quatre ans. Il ainsi barré la route à l’un de ses symboles après avoir subi les conséquences des ses guerres et de ses fléaux qui n’ont pas seulement brûlé le monde et l’économie mondiale, mais qui ont conduit l’incendie au coeur même des Etats-Unis. Cela a été à l’origine d’une prise de conscience qui a permis aux Américains de constater, pour la première fois depuis environ un siècle, que leur pays n’est plus à l’abri des catastrophes qui frappent le reste du monde. Constatant que le monde, à part Israël, ne peut plus continuer de cohabiter avec les Etats-Unis, les Américains ont donc voter pour en finir avec cette administration qui ne leur apporte que davantage de catastrophes et de drames.
Les grands électeurs dans ces élections américaines sont sans nul doute nos peuples et nos mouvements de résistances qui ont pu défaire le projet de l’administration des néoconservateurs et envoyer la balle dans le camp du peuple américain acculé ainsi à agir à partir des problèmes, de soucis politiques et des désastres économiques et financiers consécutifs aux guerres préemptives de Bush Junior. Sans ce vote, il nous serait possible de nous trouver face à un paysage américain différent avec un monde guetté par davantage de guerres destructrices.
Face à cet événement que représentent les résultats des élections américaines, et aux incessantes allégations parlant de l’existence d’un véritable désir de suivre la voie du changement, nous voudrions aborder cette question à partir de l’ensemble de données suivantes :
Premièrement : Nous avons l’espoir de voir les Etats-Unis entamer une nouvelle étape politique pour rompre avec les traditions de l’étape précédente dans laquelle l’administration conservatrice animée par la mentalité légendaire qui a dominé la Maison blanche, a livré le monde aux rouages des guerres préemptives folles, sous les signes de son idéologie sanguinaire à travers laquelle le président américain s’est-il présenté au monde comme un apôtre chargé d’incarner une mission prétendue divine. Il a ainsi mis la machine de guerre américaine au service de guerres à caractère idéologique et sanguinaire liées aux visées de l’hégémonie politique et des intérêts israéliens. De ce fait, le monde est entré dans une phase de grandes folies, de conflits et de chaos sans pareille auparavant, surtout que le président américain recherchait à incarner certaines conceptions qui circulaient parmi les Elites américaines complexées au sujet du choc des idéologies et de la fin du monde.
Deuxièmement : Il est d’ores et déjà indispensable pour la nouvelle administration de faire concession de beaucoup d’arrogance qui a marqué la politique américaine, lors des dernières décennies, surtout pour ce qui est de la question de la direction du monde. Le monde entame maintenant une nouvelle étape qui n’est pas favorable à l’hégémonie unipolaire. Les Etats-Unis eux-mêmes ne sont plus la celle force qui dispose de griffes militaires, économiques, financières et surtout politiques. Ils leur est par la suite nécessaire de se présenter au monde avec leur taille normale telle qu’elle est tallée par les retombées des dernières années et par les problèmes de ces derniers mois. Ils devraient faire sortir la question du terrorisme en dehors de la sphère des chantages et des exploitations ? Ils devraient fermer les portes et encastrer la politique de l’occupation directe, et sortir de nos pays sans plus jamais penser y retourner.
Troisièmement : Si le slogan du changement représentait une vérité bien ancrée dans la mentalité de l’administration américaine à venir, cette administration doit alors savoir que nos peuples aspirent, eux aussi, au changement. Mais ce sont les successives administrations américaine qui ont bloqué les changements en tenant à protéger les régimes dictatoriaux dans nos pays par la force des murs constitués de services de renseignement et de haut dispositifs sécuritaires et politiques. Celui qui chante les louanges de sa démocratie et de ses valeurs démocratiques devrait ne pas s’employer à entraver la marche des peuples épris du changement à partir de leurs propres moyens qui pourraient devancer les démocraties sur les voies de la civilisation, des traditions humaines et des aspirations culturelles en relation avec la ligne des Messages divines, lignes qui ne s’écartent point de celles de la liberté, de la dignité, de la souveraineté et des droits de l’homme vers lesquelles aspirent les peuples civilisés et conscients
Quatrièmement : Nous n’avons pas l’illusion que les Etats-Unis d’Amérique, avec son nouvel accoutrement démocratique, représenté par le nouveau président et son administration, cesseront d’appuyer Israël pour devenir leur ennemie déclarée. Nous savons que le jeu politique américain a ses règles et ses codes qui prennent Israël en considération avant toute autre chose. Pourtant nous avertissons que nos causes ne devront pas continuer à être perçues à travers l’optique israélienne. Nous demandons à la nouvelle administration américaine de bien faire ses comptes, surtout en ce qui concerne sa politique extérieure, car l’influence juive sur cette politique est elle qui a causé aux Américains, avant les autres, toutes ces calamités. Les désastres financiers et politiques qui ont été subis dernièrement par la scène américaine devraient constituer une leçon aux nouveaux venus à la Maison blanche qui les inciteraient à remettre de l’ordre dans leur maison intérieure, au lieu de rêver de se lancer dans une nouvelle invasion du monde, ce qui pourrait les conduire à perdre le monde, sans pour autant gagner leur propre scène intérieure.
Cinquièmement : Nonobstant toutes les complications majeures qui se dressent devant la nouvelle administration américaine et qui sont relatives à ses appartenances et ses arrière-fonds, nous estimons que les opportunités seront propices à une ouverture américaine vis-à-vis du monde, sous l’angle de la reconnaissance des forces actives dans le monde et du lancement d’un sérieux dialogue politique et intellectuel pour l’assainissement de la condition humaine après touts les désastres économiques, politiques, et écologiques causés par l’administration Bush. Si la nouvelle administration américaine tient à régler ses relations avec le monde arabe et musulman, elle devrait s’engager directement dans un dialogue avec les peuples de ce monde, ses forces vitales et ses véritables pouvoirs, loin des complexes de l’hégémonie et des aspirations égoïstes.
Nous pensons, que le cas échéant, nos peuples répondront à cette ouverture par une ouverture réciproque, et cela pourrait renforcer les opportunités des solutions dans la région et plier une longue page de souffrances et d’endurances, pour ouvrir une nouvelle étape que les Etats-Unis eux-mêmes ont en besoin, et que le monde entier y aspire fortement.
Le Bureau d’Information de son Eminence,
l’Autorité religieuse,
l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah.
Beyrouth,
Le 09/11/2008 Ap. J. C. / 11 dhû al-qi’da 1429 H
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