| Pour un dialogue rationnel au Liban |
Fadlallah appelle la haute classe politique libanaise à un dialogue rationnel en vue de forger rapidement l’entente intérieure
Fadlallah : toute internationalisation ou arabisation de la crise rendront la crise davantage plus tendue et plus compliquée
Dans les conditions des circonstances actuelles que traverse le pays, son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a adressé aux Libanais l’appel suivant :
Nous pensions que ceux qui occupent des fonctions de responsables politiques dans l’Etat sont conscients des dangers qui entourent n’importe quelle question en relation avec la dimension stratégique et vitale du Liban face aux plans d’Israël et ses complots. Nous pensions qu’un minimum de responsabilité les porte à prendre des décisions qui protègeraient la réalité intérieure, préserveraient l’équilibre de leurs attitudes face à Israël et empêcheraient de viser la Résistance directement ou indirectement. Mais nous avons été frappés par ce genre d’enfantillage dans la gestion de la question politique et sécuritaire qui a laissé la situation arriver là où nous sommes maintenant.
Face à cet état de fait, nous nous adressons aux Libanais pour leur dire :
Premièrement : Il est à espérer que ces douloureux événements soient les derniers parmi les souffrances des Libanais qui ont été éprouvés par les guerres dès le moment où le jeu international a fait du Liban le théâtre des conflits régionaux et internationaux, et a donné à Israël l’occasion de s’attaquer à la totalité de la sécurité libanaise afin d’y liquider tous les éléments de force et de résistance. Nous demandons au peuple, sous toutes ses catégories, confessions et écoles, d’être encore plus conscient que beaucoup parmi les membres de la classe politique libanaise, surtout que ceux qui exercent l’action politique à partir d’une réceptivité exagérée des suggestions extérieures, nous lui demandons de barrer la route à toute tentative d’exploiter la situation intérieure et de conduire le pays vers la labyrinthe sécuritaire compliquée.
Deuxièmement : Nous appelons à entamer un dialogue rationnel et calme entre toutes les parties, dialogue qui conduirait à régler le problème d’une manière réaliste, afin que nous puissions tous redonner au pays sa position naturelle face aux défis politiques, économiques et sécuritaires majeurs, et afin que ce désaccord politique multidimensionnel soit mis au service de l’équilibre national général en ce qui sert l’intérêt du peuple libanais et sauvegarde son avenir.
Troisièmement : Nous nous adressons aux Libanais, aux Arabes et aux Musulmans et leur demandons d’être bien conscient face à ce qui se passe au Liban, car la question part d’un désaccord politique dont les racines sont intérieures et les moteurs sont extérieurs, surtout après les dernières promesses américaines qui ont parlé d’un été chaud au Liban, promesses qui n’ont rien à voir, d’aucune manière et sous aucune forme, avec les différends de nature théologiques et juridiques entre Sunnites et Chiites.
Quatrièmement : Nous disons aux catégories, aux partis et aux courants politiques au Liban : Si vous êtes fidèles à votre patrie et aux devises de la liberté, de la souveraineté et de l’indépendance, vous devez savoir que rien n’est en mesure de résoudre vos problèmes en dehors de votre entente intérieure et nationale globale, car toute internationalisation ou arabisation de la crise intérieure ne feront que la rendre encore plus compliquée et plus grave. Les autres, qu’ils soient des grandes puissances ou des axes arabes ou musulmans ne prennent pas en considération la particularité libanaise fondée sur le consensus dans la mesure où les méthodes que beaucoup d’entre eux utilisent dans la gestion de la question politique nous rappellent les climats du début de la guerre civile libanaise, lorsque le Liban était transformé en théâtre pour régler des comptes à partir des liaisons de telle organisation ou tel parti avec tel ou tel Etat.
Cinquièmement : Nous demandons aux Libanais, au niveau de la haute classe politique, et au niveau du peuple, d’agir rapidement dans le sens de forger leur entente intérieure pour anticiper des conditions encore plus difficiles allant dans le sens de compliquer la crise et l’hypothéquer dans le marché des événements qui pourraient s’engager dans les labyrinthes de la perdition internationale et régionale.
Enfin, et face à la mémoire de la « Catastrophe » qui représente une plaie saignante dans la conscience arabe et islamique, nous demandons à tous au Liban, surtout à ceux qui appartiennent à la sphère musulmane, les Sunnites et les Chiites, ainsi qu’à ceux qui sont à l’extérieur du Liban dans la large sphère arabo-musulmane, d’agir pour empêcher une nouvelle catastrophe d’atteindre la réalité islamique dans son unité islamique et sa cohésion intérieure, dans ces conditions où s’activent maints services de renseignement et beaucoup de médias dont les provocations s’entrecoupent avec celles des forces de l’arrogance et ne craignent pas Dieu pour ce qui est des causes de la Nation et de sa destinée.
Le Bureau d’Information de son Eminence,
l’Autorité religieuse,
l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah.
Beyrouth,
Le 11/05/2008 Ap. J. C. / 05 jumâdâ I 1429 H
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