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Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

L’Iraq à l’heure du crime américain !

L’Iraq est le plus grand témoin de l’ère du crime américain le plus abject, crime qui menace de se reproduire partout dans le monde !

Fadlallah appelle à la formation d’une instance arabe et islamique indépendante de tout Etat pour venir au secours de l’Iraq

A l’occasion du cinquième anniversaire de l’invasion américaine d’Iraq, son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a rendu public un communiqué dont voici le texte :

L’Iraq est une illustration du paysage sanglant que l’administration du président Bush a voulu généraliser partout dans la région arabe et islamique, ainsi que dans tous les lieux qu’elle considère comme stratégiques au Moyen-orient, que ce soit parce qu’il s’agit de régions pétrolières, ou parce qu’il s’agit de zones situées dans l’espace vitale et sécuritaire d’Israël. C’est pour cette raison que l’Iraq a été ciblé par l’invasion américaine dans la mesure où il constitue une cible pétrolière pour l’administration néoconservatrice américaine, et une cible sécuritaire pour Israël, surtout une fois que le tyran iraquien avait accompli sa tâche et déblayé la voie aux Américains pour envahir la région prétextant la libérer et la protéger.

Ce qu’on appelle « armes de destruction massive » n’était donc qu’un gros mensonge au moyen duquel les armées américaines ont pris pied au cœur du monde arabe, pour faire de l’Iraq leur premier relais de parcours vers le voisinage arabe et islamique, et pour prendre à la gorge la totalité des pays industrialisés, en imposant leur hégémonie sur les gisements de pétrole. Il n’était donc pas surprenant d’entendre John Abi Zayd, le chef interarme précédent des armées américaines, dire avant quelques mois à l’université Stanford : « La guerre était motivée par le pétrole. Rien n’est plus naturel. Nous avons traité le monde arabe comme un ensemble de pompes à essence ».

Partant en guerre en Iraq, l’armée américaine a envahi, entre autres choses, les Nations unies elles-mêmes dont l’ex-secrétaire général avait dit que la guerre contre l’Iraq n’était pas légale. L’organisation mondiale languit sous le poids de cette invasion : Elle poursuit ceux que les Etats-Unis des néoconservateurs ont l’intension de poursuivre. Elle déploie ses efforts en vue de faire ressusciter les décisions que les Etats-Unis et Israël sont les seuls à en profiter, et d’ignorer d’autres décisions comme celles du droit au retour et de l’autodétermination.

L’Iraq est aujourd’hui le plus grand témoin de l’ère du crime américain le plus abject qui menace aussi la stabilité et les économies du monde entier. L’administration néoconservatrice américaine a pu, à travers l’événement iraquien, consacrer le terrorisme comme phénomène mondial. Il y a le terrorisme pratiqué par l’occupation dont les avions bombardent les maisons, les mosquées, les places publiques, les rues et les zones surpeuplées, tuant sans vergogne des enfants et des femmes. Il y aussi l’industrie du terrorisme excommunicateur et le terrain favorable créé par l’occupation à la purification ethnique dans un pays qui n’a jamais connu ce phénomène durant toute son histoire.

Les armées américaines ont envahi l’Iraq dans le contexte d’un projet impérial d’agression visant à mettre la main sur des richesses dont le monopole est susceptible d’étouffer les économies d’autres pays. Aucun responsable américain ne propose un plan de retrait hors d’Iraq, car la stratégie américaine est celle de rester dans le pays pour la plus grande durée que l’armée américaine serait capable de supporter. C’est dans ce contexte que s’inscrit la dernière déclaration dans laquelle le président américain a annoncé la prolongation de la présence des forces d’occupation américaines en Iraq. D’autre part, les récurrentes tentatives américaines de tenir les Iraquiens dans les fers d’un traité sécuritaire garantissant la continuité de la présence militaire américaine fait partie intégrante de ce plan.

L’Iraq qui, depuis le début de l’invasion avant cinq ans, et conformément au plan israélo-américain, a subi des pertes humaines se chiffrant selon certaines statistiques, à plus d’un million de martyrs dont des centaines de savants, de médecins et de journalistes, l’Iraq qui est devenu le théâtre d’événements sanguinaires sans précédents de par le monde, constitue le modèle américain le plus saillant qu’on cherche à généraliser partout dans la région. L’occupation américaine a pu tour à tour attiser les feux de la guerre sectaire entre Sunnites et Chiites, puis entre Sunnites et Sunnites et entre Chiites et Chiites, mais elle n’a jamais réussi à assurer un climat sûr à ses soldats, ni à être acquittée de ses crimes par les différentes sectes et ethnies iraquiennes. Son projet a commencé à reculer et il n’a plus d’autres armes que la provocation de la discorde, des conflits politiques et du chaos sécuritaire.

Il existe des chiffres qui parlent d’investissements que gèrent en Iraq plus de cent cinquante sénateurs américains, républicains et démocrates confondus, à travers des firmes en relation avec le ministère américain de la défense et d’autres firmes pétrolières qui pillent le pétrole iraquien. D’autres pillages se font par l’intermédiaire de firmes écrans et tout cela dénote la taille de la mainmise économique américaine comme prolongement de la mainmise sécuritaire et politique et des atrocités commises par les américains à l’intérieur et à l’extérieur des prisons.

Le problème est que nous ne voyons aucun plan arabe ou islamique qui se proposerait de sauver l’Iraq de l’intérieur et de protéger les pays voisins. Tout ce que nous voyons est l’assujettissement aux intimidations et allégations américaines parlant de contrôle de l’Iraq par telle ou telle partie. En vérité, l’Iraq n’est pas contrôlé par une partie bien déterminée. Il est plutôt sous l’emprise du chaos, d’une part, et de l’occupation, d’autre part. Pour cette raison, le besoin urgent s’impose de créer une instance arabe et islamique pour gérer un dialogue sérieux entre les Etats arabes et islamiques concernés, afin de trouver les moyens nécessaires pour aboutir à libérer l’Iraq et à le faire sortir hors de l’empire du chaos et de l’occupation, pour le faire entrer dans l’aire de l’unité nationale, loin des plans de fédéralisation et de la partition, sur le chemin de la construction d’un Iraq solide, uni, libéré et exempt de toutes les formes d’hégémonie exercées par telle ou telle partie.

Le Bureau d’Information de son Eminence,
l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah.
Beyrouth, Le 13/04/2008 Ap. J. C. /  07 rabî’ II 1429   H