| Pour une Palestine arabe et islamique ! |
?Pourquoi la Ligue arabe et l’Organisation de la Conférence Islamique n’organisent-elles pas des célébrations pour une Palestine arabes et islamique ?
Fadlallah : Le plus grave aujourd’hui est l’effort par lequel les Etats-Unis conduisent les Arabes à reconnaître Israël, publiquement et pratiquement, et à célébrer l’anniversaire de sa création !
Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a rendu public un communiqué à l’occasion du soixantième anniversaire de l’usurpation de la Palestine. Voici le texte de ce communiqué :
L’entité sioniste célèbre, ces jours-ci, le soixantième anniversaire de sa création aux dépends d’un peuple entier. Les Palestiniens constituaient la majorité écrasante des habitants de la Palestine aux années quarante du siècle dernier, le nombre des Juifs n’y dépassant pas une proportion de 1/6. Pourtant, la volonté internationale occidentale a mis dehors les Palestiniens et a fait venir en Palestine à peu près la moitié des Juifs du monde, avant de commencer de parler, tout en oubliant le droit au retour garanti par la résolution 194, d’un impératif qu’est l’implantation d’environs 5 millions de Palestiniens chassés de leur pays.
Les dirigeants du monde accourent, ces jours-ci, pour participer aux célébrations du soixantième anniversaire de la création d’Israël que certains d’entre eux considèrent comme le « Miracle du vingtième siècle ». Cet Israël représente le péché le plus flagrant et le plus sauvage dans l’histoire moderne, ainsi que la plus grande marque d’infamie sur le front de tous les Etats occidentaux qui brandissent les slogans des droits de l’homme tout en oeuvrant, avec une complicité sans précédent, pour disperser un peuple entier en dehors de sa terre. Cet Israël poursuit toujours son crime en dépit de ce qu’il appelle la loi internationale. Rien ne le prouve comme les célébrations, par ces Etats, de cette entité fondée sur l’injustice et la sauvagerie, après tout le soutien qu’ils lui ont fourni et leurs justifications de tous ses crimes et massacres commis à Deir Yassin, à Kafr Kassim, à Houla, à Sabra et Shatila et à Qana, auxquels s’ajoutent des centaines de soldats égyptiens enterrés vivants lors de la guerre du 1973. Aucun dirigeant occidental n’a osé parler de ces crimes de guerre israéliens, des crimes israéliens commis lors de la guerre contre le Liban, ou du massacre permanent subi par le peuple palestinien à Gaza et en Cisjordanie.
Nous remarquons, à travers les préparatifs aux célébrations du soixantième anniversaire de la création de cette entité usurpatrice, que des messages et des objectifs sont destinés à occuper le devant de la scène lors de ces célébrations. Il s’agit, en premier lieu, de redonner confiance aux Juifs qui occupent la Palestine et de renforcer leur moral du fait de la présence de toute une communauté internationale qui les soutient, se soucie d’eux et garantit la continuité de leur entité et de leur suprématie militaire, suite à l’échec qu’ils ont subi lors de leur guerre contre le Liban. On cherche également à procurer à Israël une plus grande couverture de soutien international afin de lui assurer une liberté de mouvement et une capacité d’agression dans son environnement arabe et musulman. D’où nous comprenons l’effort américain et occidental continu pour assiéger les forces de réticence et les mouvements de résistance qu’on accuse et condamne à priori et qu’on s’évertue de les empêcher de construire un système économique, technologique et scientifique à même de leur procurer des éléments de force assez suffisants pour se défendre face à l’agression israélienne.
Parmi les faits les plus graves aujourd’hui, nous signalons l’effort par lequel l’administration américaine s’emploie à conduire les Arabes à reconnaître Israël, publiquement et pratiquement, dans le cadre d’une nouvelle série de pressions arabes exercées sur les Palestiniens afin de les obliger à accepter le compromis qu’on leur propose à l’exclusion des questions de al-Qods, des Réfugiés et des colonies, car on cherche à porter les Arabes à fêter le soixantième anniversaire de la création de l’entité sioniste parallèlement à la liquidation de l’idée de l’Etat palestinien indépendant, ainsi que toute possibilité de la naissance d’une entité palestinienne matrice d’un Etat viable.
Ce qui attire l’attention dans l’action arabe officielle depuis 2006, la date de la défaite israélienne au Liban, est cette affabilité arabe envers Israël, affabilité qui a pris forme lors de réunions sécuritaires et rencontres officielles visant les forces de réticence et de résistance. Il s’agit de porter les régimes arabes à s’éloigner de leurs peuples et à se rapprocher d’Israël chaque fois que la résistance, de plus en plus vigoureuse, marque une nouvelle victoire au Liban, en Palestine, en Iraq et ailleurs. Cela appelle une plus grande coordination entre les forces de réticence et de résistance loin de tous les cadres confessionnels et partisans que les alliés arabes des Etats-Unis tentent de manipuler.
Nous demandons : Pourquoi la Ligue arabe et l’Organisation de la Conférence Islamique manquent-elles à leur devoir de faire raviver la mémoire de la « Catastrophe » et de célébrer la Palestine arabe et islamique ? Pourquoi ne le feraient-ils pas à ce moment où l’on assiste à ces grandes festivités internationales qui s’acharnent à vouloir consacrer Israël comme fait établi et accompli au cœur de l’entité islamique au détriment de toutes les entités islamiques qui sont sur le point de devenir illusoires, perdues et brumeuses dans le jeu des nations, au point que des voix s’entendent ici et là pour poser des questions sur les frontières de la Résistance sans mot dire des frontières d’Israël qui bombarde une centrale nucléaire en Iraq, qui assassine des dirigeants de la Résistance à Tunis, à Damas et ailleurs, qui pilonne des régions retirées en Syrie et qui viole toute la sécurité arabe, sans que personne ne se pose des questions sur l’espace vitale israélien qui aurait failli découper nos artères vitales si la noble Résistance ne l’affrontait pas, tout en affrontant l’occupation américaine, dans divers endroits du monde arabe et islamique ?
Nous appelons à refonder la réalité populaire arabe sur les assises fixées par le mouvement de réticence et de résistance au Liban, en Palestine et en Iraq. Si les régime sont impuissants à ce niveau, ils devraient au mois profiter de l’action de la résistance pour pouvoir confronter les pressions qu’ils disent être exercées sur eux… Nous appelons également à une action arabe et islamique totalisante pour célébrer la Palestine et pour la faire revenir au sein de la réalité arabe et islamique face aux tentatives américaines, occidentales et israéliennes, ainsi que de certaines tentatives arabes visant à liquider la cause palestinienne et à la supprimer de manière définitive.
Le Bureau d’Information de son Eminence,
l’Autorité religieuse,
l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah.
Beyrouth,
Le 14/05/2008 Ap. J. C. / 08 jumâdâ I 1429 H
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