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08-01-2008 Ap. J. C.
Message aux peuples arabes et musulmans à l’occasion
du nouvel an hégirien
Fadlallah : La phase actuelle est la plus critique dans notre
Histoire ; Nous devons ne pas nous contenter de blâmer le monde
extérieur !
Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah
Muhammad Hussein Fadlallah, a adressé un message aux peuples arabes et
musulmans à l’occasion du nouvel an hégirien. Voici le texte de ce
message :
Pour nous, les Musulmans, le calendrier
hégirien représente notre histoire dynamique avec laquelle il nous est
indispensable de nous rappeler toutes les étapes de la marche islamique.
Par conséquent, l’adoption de ce calendrier acquiert le sens d’un
dynamisme islamique que nous devons adopter et nous y engager sans
complexe face aux autres calendriers. A l’occasion du nouvel an hégirien,
nous aimerions nous arrêter devant certains faits :
Premièrement : l’hégire, l’Emigration,
reflète, sous son aspect comme réalité historique, l’état des épreuves
difficiles et des grands défis qui ont été lancés au Prophète et aux
Musulmans parmi ses compagnons, à un moment où l’islam prévoyait
d’entamer une nouvelle phase dans la perspective de l’Appel, de la
culture, de l’action, de l’édification de l’Etat, de la confrontation
avec les défis et de la gestion du conflit, avant que l’Islam n’eusse pu
imposer sa présence dans la réalité arabe à côté des autres parties et
puissances. Cela nous exige, nous qui sommes le prolongement de cette
marche, d’assumer nos responsabilités afin de reconstruire l’histoire et
non pas de nous réduire à ressasser les pages glorieuses de cette
histoire, surtout que notre situation actuelle est ouverte à plus d’une
dégringolade alors que Dieu dit : ((C’est une
communauté de jadis ; à elle ses acquis, à vous les vôtres. Vous n’avez
pas à répondre de leurs actions)) (Coran, II, 134).
Deuxièmement : La phase actuelle que nous vivons
est l’une des plus critiques dans notre histoire islamique. L’arrogance
et le mal se proposent de détruire l’Islam, sa politique, son économie
et sa culture. C’est une phase qui a enfoncé toute la réalité islamique
dans les labyrinthes de la politique internationale et de l’économie
mondiale arrogante. C’est une phase qui a mis les Musulmans aux prises
avec d’innombrables problèmes mineurs et marginaux qui risquent de ne
laisser à l’Islam aucune force qui lui permettrait de participer à
déterminer le sort du monde, de le détourner d’être un régime ouvert à
la vie des Musulmans afin de mettre au point leurs lois et leurs
réglementations. C’est une phase dans laquelle la simple revendication
de mettre l’Islam en application devient un délit pour lequel on est
conduit devant les tribunaux même dans les pays musulmans.
Pour toutes ces raisons, les Musulmans doivent
récupérer les perspectives de l’Emigration afin de pouvoir redonner à
l’Islam son dynamisme dans la conscience des générations et dans les
rapports de la réalité. Les Musulmans doivent unifier leurs positions,
leurs attitudes et leurs aspirations afin d’affirmer la force réelle
dont ils disposent grâce aux richesses naturelles qui gisent dans leur
sous-sol, grâce aux situations stratégiques de leurs pays, grâce à la
pensée qui anime leurs potentialités, grâce à l’esprit qui sublime la
matière et grâce aux valeurs qui se répandent dans la vie réelle. Ils
doivent refuser l’arrogance, toute l’arrogance, d’un refus absolu sous
toutes ses formes. Nous devons émigrer de la situation de faiblesse vers
la situation de force, de la situation d’impuissance vers la situation
de puissance, de la marge de l’histoire vers l’efficacité dans la
construction de l’histoire.
Troisièmement :
Nous devons ne pas nous contenter, en réaction à la
dégringolade de notre réalité intérieure, de blâmer le monde extérieur,
même s’il est le principal auteur de cette dégringolade. Nous devons ne
pas être inattentifs à nos points faibles dont l’ignorance, le fanatisme,
la fermeture et l’extrémisme qui portent certaines catégories à
excommunier, à assassiner, à perpétrer des attentats et à détruire. Cela
a fait que les Musulmans soient devenus comparables à des pièces
déchirées ; ils ne s’ouvrent pas les uns vis-à-vis des autres et les uns
ne soutiennent pas les autres. Nous devons rentrer vers le Livre de Dieu
qui dit : ((Si vous vous disputez en quoi que ce
soit, renvoyez-le devant Dieu et le Messager)) (Coran IV, 59).
Nous devons rentrer vers le Messager de Dieu (P) qui a dit : « Le
Musulman est, par rapport à l’autre Musulman, comme un édifice serré de
plomb : Chacune de ses parties renforce les autres ». Le Messager
de Dieu (P) a dit aussi : « Le Musulman est, par
rapport à l’autre Musulman, entièrement illicite : Son sang, ses biens
et son honneur ». Ce sont ces déchirures qui sont à l’origine de
la perte de la Palestine et qui continuent à nous faire perdre ce qui
est au-delà de la Palestine. Ce sont elles qui ont préparé à
l’occupation un climat favorable pour s’installer et rester pour
longtemps dans nos pays tout en exploitant les moyens qu’utilisent
certains groupes excommunicateurs en montrant l’Islam sous l’image d’une
religion qui adopte la violence, qui encourage la terreur et qui ne
respecte ni la justice ni la paix. On a ainsi déformé beaucoup des
concepts spirituels, moraux et humains de l’Islam, ce qui conduit à le
regarder comme une religion peu digne de la vie et peu apte à construire
une civilisation humaine.
Quatrièmement : Si le début de notre calendrier
hégirien nous ouvre à ‘Achoura’, nous appelons à faire de cette occasion
une occasion islamique ouverte aux causes de l’unité avec le rejet de
toutes les méthodes de sensibilisation basée sur l’excitation, méthodes
qui pourraient porter atteinte à l’Islam, à son unité et à son avenir.
Il en est ainsi car les valeurs revendiquées par al-Hussein (p) n’ont
été que celles de l’Islam au niveau desquelles se rencontrent tous les
Musulmans. Prenons donc de l’histoire ses valeurs telles qu’elles
s’expriment dans l’action de ses grands auteurs qui sont à suivre comme
exemples, et laissons tomber ses particularités dont les auteurs en sont
les seuls responsables.
Enfin : Les premiers Musulmans ont, de toutes
leurs forces, assumé leurs responsabilités envers l’Islam afin de nous
le transmettre. Ils y ont contribué, chacun selon son expérience et sa
culture pour ce qui est de la construction de l’histoire. Quant à nous,
nous qui sommes le prolongement de toutes les générations islamiques,
nous devons considérer l’Islam comme un dépôt divin qui est mis entre
nos mains en tant que pensée, en tant qu’esprit, en tant que méthode
d’action et en tant que loi. Nous devons assumer nos responsabilités en
le sauvegardant en tant que doctrine, en tant que loi, en tant que
valeurs et en tant que méthode d’action. Nous devons faire de nos
différents une source de richesse à activer par le dialogue, une source
de fierté à partir de l’unité autour de nos causes communes et un point
de départ de l’action pour relever les défis. Cela nous est
indispensables à cette phase pour construire une nouvelle histoire qui
assurerait à la Nation sa fierté et qui redonnerait à l’Islam son
dynamisme et sa vivacité.
Au nom de Dieu, le Clément, le
Miséricordieux
Le Bureau d’Information de son
Eminence,
l’Autorité religieuse,
l’Ayatollah Muhammad Hussein
Fadlallah.
Beyrouth, le 29-dhû al-hijja
-1428 H /
08-01-2008 ap. J. C.
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