| Le départ des gens distingués |
Francis Guy: Ambassadrice de Bretagne au Liban
L'un des avantages dont jouissent le diplomate est la rencontre avec les gens qu’ils soient jeunes ou vieux, passionnés ou en colères. Les libanais aiment souvent me poser la question sur l'homme politique que je préfère plus que d'autres. Il s'agit d'une question délicate, et il est clair que beaucoup d'entre eux cherchent à obtenir des réponses politiques qui leur conviennent. D’habitude, je tente d’éviter de répondre en évoquant ceux que j’aime rencontrer le plus, et ceux qui me fascinent plus que d'autres.
Jusqu'à hier, ma réponse préférée a été de nommer Sayyed Muhammad Hussein Fadlallah, la plus grande autorité religieuse au Liban, et le chef admiré par de nombreux musulmans chiites du monde entier. Quand vous lui rendez visite, vous pouvez être sûr de faire un vrai débat, et une discussion pertinente, et quand vous partez, vous ressentez que vous êtes devenu une meilleure personne. Pour moi, c'est le véritable impact du vrai religieux qui impressionne tous ceux qu'il rencontre, quelle que soit leur religion.
Hier, Sayyed Fadlallah est décédé. Le Liban d'aujourd'hui n'est plus celui d'hier. Son absence va dépasser les rives du Liban. Je me souviens encore très bien quand j’étais proposée pour le poste d'ambassadeur à Beyrouth, un de mes amis musulmans m'a appelé pour me dire : Comme vous êtes chanceuse parce que vous allez avoir la chance de rencontrer Sayyed Muhammad Hussein Fadlallah. Et il avait vraiment raison.
Si je suis triste a l'annonce de la nouvelle de sa mort, ce que je sais que la vie de nombreuses personnes va se tourner pour pire. Le monde a besoin de plus d'hommes qui sont prêts à s'ouvrir aux autres religions, à admettre la situation du monde moderne et à faire face aux contraintes de la tradition.
Que dieu lui accorde sa grâce. |